Domaine de la Voie Blanche

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lundi 10 octobre 2011

Vendanges 2011 fin

Voilà, les vendanges 2011 sont finis avec beaucoup de belles rencontres et de beaux moments. Les raisins étaient magnifiques grâce à un mois de septembre exceptionnel. Que ce soit à Barbeyrolle

ou au Petit Manoir,

l'année nous a amené une production vraiment magnifique.


L'Automne arrive tranquillement, la lumière progressivement change de nature et d'intensité. Durant tous ces jours de travail intense et de partage nous avons pu faire une petite vendange entre voisins avec la joie d'y retrouver des amis chers et des anciens qui ressortent leur vieilles épinettes.

C'est un peu notre contribution à l'émotion et au partage... un petit moment loin des obligations professionnels et de la rentabilité. Une nostalgie d'une époque où il y avait des vignes dans toutes les fermes et ou les anciens vendangeaient pendant trois semaines chez les uns et chez les autres. Les repas étaient copieux et bien arrosés, les ambiances étaient festives. On savait que dans telle ferme le vin et les plats étaient bons et que dans d'autres, le vinaigre faisait office de vin...! Mais on y allait quand même... la solidarité était chevillé au corps depuis des siècles où les famines et les guerres ne laissaient pas de choix.

Tous les ans nous faisons cette vendange car nous savons que les anciens y sont attachés. Depuis que la vigne du Domaine est la seule qui reste, nous tenons à préserver ce rituel qui quelquepart nous permet de saluer à travers les temps tous ces gens disparus qui ont construit à force de travail et de persévérance, la prospérité dont nous héritons.

Un jours un vieux paysan de mes amis s'était fait volé des bijoux qui avaient appartenu à sa famille depuis le XIX° siècle. Il pleurait de rage non pas contre les voleurs (quoique un peu bien sûr), n'y d'avoir perdu des objets de valeurs mais, me dit-il, parce qu'il n'a pas été à la hauteur de préserver ces objets que tous ces parents avaient pu garder en dépis des guerres et des privations! Au monde de la consommation effrénée et de l'individualisme forcené, un tel sentiment est à ranger dans les musées oubliés de nos campagnes désertes. Garder ces reliques c'est comme lire La Princesse de Clèves actuellement... comme nous l'a rappelé le Président, quel intérêt aujourd'hui? Oublions tout cela et profitons-en... suprême devise!

jeudi 6 octobre 2011

Vendanges J+5

Le soleil est en train de se lever et lance le signal de la vendange

Il faut suffisamment de lumière pour vendanger à la main et c’est le soleil qui nous guide. Avec une vendangeuse mécanique, il est possible de vendanger la nuit, ce qui est particulièrement intéressant pour les rosés. Nous n’en faisons pas au Domaine.

Tous les vendangeurs sont en place pour le travail. Il fait un peu froid et le soleil ne réchauffe pas encore la vigne.

L’ambiance est toujours très bonne pour la vendange même si le travail est pénible. Il faut trier les grappes et surtout ne pas les abimer. L’important est qu’elles arrivent intact au chai.

Lorsque le soleil réchauffe la parcelle, on sent un réel bienfait et le travail s’accélère ainsi que les chants de certaines vendangeuses qui commencent à s’entendre.

Ce travail agricole, pénible mais partagé en commun avec d’autres personnes, est toujours exaltant. Le remplacement par des machines est pour moi un véritable problème. En dehors de la recherche qualitative que permet la vendange manuelle, elle préserve des relations humaines qui sont si nécessaires.

Nous vendangeons une parcelle de cabernet sauvignon à la vendangeuse mécanique. Je ne fais pas de vin avec ces raisins, je les vends. Mais quelle tristesse le jour où je fais cette vendange. Le conducteur de la machine est seul dans sa cabine et moi je suis seul dans mon tracteur à attendre qu’il me déverse les raisins dans ma benne. Souvent c’est à 5h00 ou 6h00 du matin, les projecteurs font office de soleil.

Puis je vais décharger les fruits à la coopérative de Port Sainte Foy dans un immense bac mécanique où la vendange est pesée puis ventilée dans une cuve. Je repars avec mon billet où tout est consigné : poids, degré alcoolique potentiel, état de la vendange de saine à pourrie. Puis je repars… n’ayant vu que 2 ou 3 personnes… aucun chant n’est là pour m’enthousiasmer. Seuls les bruits des moteurs m’ont accompagné. Aucun rire, aucune discussion enflammée autour d’un repas au milieu des vignes partagé avec d’autres… c’est le progrès !



La plupart de nos vendangeurs sont des jeunes. Ils sont entre deux états, à peine sortis de l’école ils ne sont pas encore installés. Ils vont de petits boulots en petits boulots, profitant de ce moment de liberté pour aller à la rencontre des autres. Certains dorment dans des tentes en bordure de la vigne. Il y a chez eux comme une sorte de quête avant le moment où ils prendront un travail permanent. Ils ne veulent pas tout de suite entrer dans le moule social et économique de notre société avancée. Ils se laissent un peu de temps.

L’ambiance des vendanges est ainsi souvent joyeuse. Cela tranche avec la pénibilité du travail… je dois même avouer que plus le travail est pénible, plus le groupe se soude. J’avoue que cela ne rentre pas dans les critères de jugement moderne sur les conditions de travail, mais je l’ai souvent observé, travailler dur ensemble provoque quelquefois une vraie fraternité. Dans mon tracteur, seul, à placer ma benne au centimètre près de la machine à vendanger… il n’y a que le stress de commettre une erreur qui m’accompagne. Certes ce n’est pas pénible, mais lorsque je reviens chez moi, il y a comme un sentiment d’inachèvement qui m’envahi. Je sais que je viens de vendanger, mais je n’arrive pas à le sentir et je n’éprouve pas cette joie de la fin de vendange quand le raisin est à l’abri dans le chai et que épuisés, tout le monde s’assoit pour un dernier repas. Triste tropique !

mercredi 28 septembre 2011

Vendanges J+3

Ca y est, on commence les merlots et les cabernets francs. Si la matinée était fraiche et agréable, l'après-midi s'est révélée caniculaire avec des pointes à 30°!

Le ciel était magnifique, mais rentrer des raisins à 28°... c'est vraiment risqué. Nous avons donc décidé de ne vendanger que dans la première partie de la journée. Tous les vendangeurs nous suivent, ils savent ce que nous recherchons. Avec chance, nous pourrons encuver tous nos raisins, merlots, cabernets francs et sauvignons, semillons, fer... avant les pluies de jeudi... le soleil était vraiment brulant

On se serait cru au mois d'Août! Les raisins sont magnifiques!

J'avais quelques doutes sur le millésime, surtout avec les grandes chaleurs des mois d'Avril et Mai... elles aussi caniculaires... et qui avaient entrainé un retard végétatif sur certaines parcelles.

Puis le superbe mois de septembre à vraiment contredit toutes mes certitudes. La maturité est vraiment superbe et le raisin est dans un état sanitaire remarquable. La course à la cueillette n'est pas pour éviter la pourriture, mais le flétrissement!
Cela a donner à la vendange une véritable ambiance de fête

Au chais, tout le monde était à son poste

il ne fallait pas trainer. Les cagettes arrivaient sans discontinuer. La première cuve est maintenant fermée avec une lutte entre la chaleur des raisins entrés et le refroidissement qui tente de tout ramener vers 10° et essayer d'extraire les parfums de ce millésime vraiment original.

Impossible de savoir encore ce que sera ce vin. J'ai vraiment hâte de le goûter dans quelques semaines. Demain... rebelotte! avec le même soleil d'acier.

mardi 27 septembre 2011

début vendanges

Ca y est, les vendanges ont commencé au Domaine.

Et comme cette année devait ne ressembler à aucune autre, on a commencé par les sémillons, c'est à dire par l'Alba qui en général se vendange fin Octobre aprés tous les rouges! La pourriture noble était au rendez-vous

Et comme je l'explique à de nombreuses personnes qui aiment ce vin et qui me demandent pourquoi il est si différents des autres vins de l'AOC Montravel, je leur explique que nous vendangeons le sémillon avec 1/3 botrytisé et non la totalité comme on le voit bien sur la photo.

Il y a 3 appellations de vin moelleux en Périgord: Monbazillac, Saussignac et Haut-Montravel. C'est donc une spécialité de ce terroir.

L'Alba devrait être moelleux mais je ne suis pas interressé par en produire. Cela ne veut pas dire que je n'aime pas les moelleux ou les liquoreux, certains comme Tirecul la Gravière, Bernkastel Doktor ou Yquem sont parmis les plus grands vins de la planète... mais je préfère l'élégance à la puissance, la finesse à l'extravagance, la légère brise au tsunami! L'Alba est fait avec cette philosophie et donc je n'attends pas que mes vieux sémillons soit complètement "rotis".

C'est pourquoi l'Alba n'a pas d'AOC... je le vends comme vin de table. Si on goute les moelleux de Montravel, on peut remarquer qu'ils diffèrent légèrement des autres par une nervosité et une fraicheur qui les rends moins... lourds que les autres. C'est cette typicité que j'ai voulu exacerber pour orienter l'Alba vers une finesse qui se rapproche des vendanges tardives alsaciennes et s'éloigne des sauternes.

La vinification se rapproche des bourgones blancs... je laisse fermenter à basse température pendant 2 mois dans des Barriques neuves de 450 litres du tonnelier bourguignon Rousseau, puis je soutire et remets dans la même barrique pour un élevage court de quelques mois. Les barriques ensuite sont utilissées pour ma cuvée rouge Barbeyrolle.

Et comme pour illustrer encore plus ce choix, nous vendangeons aussi des raisins parfaitement sains

Hier tout c'est bien passé sauf une panne du pressoir avec le stress qui s'ensuit... mais les techniciens ont opéré en urgence avec succés! Demain on commence Petit Manoir... les merlots sont archi mûrs.

mardi 20 septembre 2011

La fraicheur arrive

Le changement de lune de la semaine dernière avec son dernier quartier demain nous a fait basculer en automne ! La nouvelle lune arrive dans quelques jours avec un temps qui peut se stabiliser. L’air se rafraichit et la lumière change progressivement de texture. D’un or légèrement embuée la lumière devient plus blanche et plus nette. L’alternance de journées chaudes et de nuits fraiches durant la pleine lune a accéléré la maturité des raisins. Après un week-end pluvieux avec 6 litres d’eau au m2, le soleil revient. Nous sommes entre deux saisons ; l’été n’est plus là et l’absence de brouillards dans les vallées, empêche de prétendre à l’automne.

Tout est calme ces jours ci en Périgord. Les vacanciers sont partis contraints par la rentrée des classes et le retour au travail. Seuls subsistent les retraités qui profitent de l’arrière-saison et des prix abordables dans les chambres d’hôte.

Les agriculteurs viennent de finir l’ensilage des maïs. Des foins rentrés depuis Juin seuls subsistent à la merci du ciel les noix, la truffe et le raisin. Pendant que mes amis paysans font la fête qui clôture les récoltes bien engrangées, nous attendons, l’œil rivé sur la météo et sur les raisins, le feu vert de la vendange tant attendue. Ceux qui ont des noix sont tout aussi inquiets… il ne pleut pas assez et la récolte risque de ne pas être très belle.

Quand à nos amis trufficulteurs, certains voient quelques mélanos pourrir dans le sol… ! Bizarre. Le climat est plutôt sec ! Quant à nous, les raisins sont magnifiques et le temps est idéal. Les bourdalès murissent tranquillement

Pareil pour les merlots

La production est pléthore avec un magnifique feuillage et des grappes en parfait état qui titre déjà à 13° avec un PH à 3,30 et des maliques en dessous de 1.

En générale on arrive péniblement à 28 hl/ha… cette année on va peut-être dépasser les 35 hl/ha ! Avec des grappes magnifiques. Cela laisse rêveur sur l’idée d’un rapport uniforme et administré entre la charge à l’hectare et la qualité. Comment décréter la limitation de la production alors qu’une mauvaise année peut produire une petite quantité de mauvais raisins et qu’une bonne peut amener beaucoup de très bons raisins. Enfin cela ne nous concerne pas puisque d’une part nous ne sommes jamais arrivés au-dessus de 40hl/ha et qu’en plus nous ne dépendons d’aucune AOC !

Visiblement, nous allons commencer les vendanges en fin de semaine où la semaine prochaine. D’ici là, les deux garçons, François et Antoine ont vendangé leur parcelle pour produire du jus de raisin… au prochain blog.

dimanche 4 septembre 2011

Attente

C'est la veillée d'armes... on va commencer à préparer le chai pour la reception de la vendange à une date non fixée encore, même si tout laisse à supposer que cela se fera aux alentours du 20 septembre soit 3 semaines plus tôt que prévu. Les merlots, qui ont fini leur effeuillage mi Août, progressent rapidement vers leur maturité ultime

Les goûts sont déjà très riches en arômes. Mais il ne faut pas se précipiter. La météo est maintenant importante, et toutes nos observations sont tournées vers elle. Les Bourdalès quant à eux, continuent à mûrir tranquillement. Pas de pluie depuis maintenant plus de 10 jours.

Ils seront vendangés 1 voire 2 semaines après les merlots. Nous n'avons pas encore commencé les tests de maturité... cela ne va pas tarder!

dimanche 18 octobre 2009

Bourdalès

Ca y est, les Bourdalès (fer servadou) viennent d'entrer en cuves. Cépage ancien qui s'est promené dans la vallée de la Dordogne, mais qui a disparu au cours du XX° siècle. Le Domaine, sur les conseils de Guy Lavignac, en a planté 500 pieds conduits sur échalas. C'est de l'expérimentation et je me dois d'en informer mes lecteurs. Le retour du Bourdalès... un espoir dans l'exploration de ce nouveau ancien terroir. Les mesures: 12°5

mercredi 7 octobre 2009

Fin des merlots

çà y est! les merlots sont tous vendangés. Il a fallu 4 jours pour tout encuver... le temps était idéal, le soleil au rendez-vous, et notre équipe de vendangeurs, tous étudiants, voisins, multirécidivistes, tous plus motivés que jamais.

Le Petit Manoir, à cause de la grêle du 16 Juillet, a nécessité une sélection sévère des plus belles grappes... et ce n'est pas Ruben, chaque année présent au domaine, notre "recruteur" en titre, qui me contredira...

Même Martin, d'habitude au chai, a dû se mettre à la vigne pour aider ses collègues;

Choisir chaque grappe prend beaucoup de temps. Il faut de la patience tout en ne perdant pas le rythme de la vendange qui doit avancer. On est jamais à l'abri d'un orage avec les conséquences que l'on imagine sur un raisin parfaitement mûr...! Pourtant quelquefois Micha hésite

il faut dire que ce n'est pas toujours facile... et Lucie est obligée de se détendre après une concentration prolongée et des positions du corps toujours peu confortables.

Hier toute l'équique a déménagé à Barbeyrolles. Là, pas de problème, la vigne a échappé à la grêle... les raisins étaient magnifiques... tout a été vendangé en une journée...! Il a fallu tout mettre dans le camion frigo, la parcelle étant loin du chai contrairement à Petit Manoir. Earling a pu monter la cadence...

pour finir avant 19h00, au moment où le soleil se couche. Pour ce qui est des chiffres: Petit Manoir 14°5; Barbeyrolles 14°4! On se croirait dans le Roussillon... pourtant on est en Périgord Noir... au coeur de la douce Aquitaine.

vendredi 2 octobre 2009

prmier jour

Voilà, après une nuit sans sommeil où tout se bousculait dans ma tête: l'éraffloir va t'il marcher, y aura t'il une panne du système de refroidissement, le tracteur va t'il démarrer, par quelle parcelle je commence: petit bois, puis belle vue, les truffières... non les truffières, belle vue, au vieux poirier... euh... non, petit bois, les truffières... rrrrr.... rrrrrr!!! les vendangeurs vont-ils venir... combien? Si il n'y en a pas assez, que faire?... enfin, mille questions fondamentales... euh! non... urgentes... non vitales... sans intérêts... passionnément... à la folie; oui! à la folie, voilà qui résume ma nuit sans sommeil... avec la lune pour me tenir companie. Bref, tout a débuté à 9h00 précise

c'était une vendange studieuse due à un orage de grêle survenu le 17 Juillet, qui nous oblige à un gros travail de nettoyage

finalement la journée s'est passée avec le sourire

celui de georges-alain, bien sûr

l'une des âmes du domaine. Les vendanges manuelles ont été beaucoup abandonnées au profit des machines... mais quelle perte pour la convivialité et le bonheur d'être sur terre! Quel progrès y a t'il a attendre tout seul sur son tracteur, benne attelée, le passage de la vendangeuse...? Que de l'ennui! Et de la misère!

Même si de tout faire à la main...

c'est fatiguant!

Début des vendanges

Le soleil n'est pas encore levé, mais l'aube pointe sa lumière irréelle. Ce moment de transition entre la nuit et le jour est véritablement magique. C'est l'un des avantages d'être paysan, on y assiste tous les jours. Réveillé à 5h30 pour revérifier tout le matériel, ouvrir le chai, amener à la parcelle les épinettes, paniers et cagettes, mes yeux se lèvent pour explorer le ciel. Tout va bien, pas un nuage. Il fait froid (10°), c'est parfait, le raisin pourra être facilement tenu frais jusqu'au chai.

Une nouvelle vendange commence au Domaine de la Voie Blanche. Quel sera ce millésime? Nul ne le sait. Pour le moment, la maturité est parfaite... mais le vin n'est pas fait! Dans une heure tout commence... tchao!

dimanche 19 octobre 2008

vendanges inaugurale

Je vous avais promis des photos sur les vendanges... et je ne peux pas m'empêcher de vous montrer l'article dans le Sud-Ouest sur la première vendange de la vigne à Saint-Cyprien

Et oui, malgré notre discrétion, l'évènement est tellement singulier que la presse toujours à l'affu de quelques grains à moudre s'est emparée de notre réunion vinicole! Il faut dire que tous les voisins ont voulu venir et ont accepté de vendanger en choisissant chaque grappe voire chaque grain pour avoir le meilleur dans la cuve...

démarche qui n'est pas facile a accepter pour les anciens où "chaque grappe c'est du jus même si elle est pourrie!" Mais l'explication, la conviction et surtout la qualité des vins que nous avons faits avec notre parcelle du Fleix, les a convaincus de laisser par terre des grappes quelquefois presqu'entières mais passerillées ou abimées. Notre cher ami bernard (agriculteur laitier de son état) à conduit le petit tracteur Kubota pour chercher les cagettes remplies de raisins

le temps était magnifique et giselle a même trouvé une truffe... on est en Périgord Noir!

Il faut dire que notre ami trufféïculteur édouard Aynaud, avec qui nous organisons des visites groupées et guidées truffes/vignes bio, n'a pas eu besoin de son chien truffier Titeuf pour chercher les grappes de raisin

une très bonne ambiance, conviviale et chaleureuse. Quant au chais, le travail était sans relache avec l'arrivée des cagettes et l'organisation très précise qu'il faut avoir

puis le passage au fouloir érafloir

un tri minutieux au sortir du fouloir (ce qui fait un deuxième tri après celui fait par les vendangeurs).

Pour finir dans la cuve avec son "drapeau" régulateur de température

la temprature est réglée sur 1° pour refroidir la vendange afin de faire la macération pelliculaire à froid pendant plusieurs jours

la cuve se remplie bien quoiqu'un peu lentement

pendant que les autres attendent leur tour

finalement après le samedi soir de travail et le dimanche matin, la vendange est enfin encuvée... il peut pleuvoir, gréler, tonner, geler... nous sommes soulagés... le blé est engrangé et le raisin est dans la cuve. Pour fêter cela Nathalie a organisé le déjeuner de vendange dans la vigne, le temps était beau et la température d'une douceur printanière

Déjeuner où tout le monde a pu goûter le pain maison, fait avec le blé cultivé dans la propriété... vous savez le fameux "rouge de Bordeaux" que nous faisons en apallu!, l'eau de source et notre four.

ils l'ont apprécié, car il nous a fallu acheter une baguette pour le dîner du soir!!! Avec des vendanges où la bonne humeur a régné du matin au soir, le vin du Périgord Noir, trouve là un parrainage humain fort et chaleureux.

Tout est maintenant dans les mains de nathalie et de moi-même pour réussir la vinification... je vous en parlerai, mais avant, merci à Hugues Vallart , un ami retrouvé comme notre terre a retrouvé sa vigne après un long temps d'absence, merci à Hugues pour ses photos

dimanche 12 octobre 2008

ça y est!

ça y est, les vendanges ont commencé... tout le hameau est venu aider et voir... les anciens avaient sorti leurs anciennes épinettes à vendange... personne ne voulait rater cet évènement local: la vendange inaugurale vient de faire revivre des gestes et des émotions qui n'existaient plus depuis des dizaines d'années en Périgord Noir! Les raisins sont mûrs voire surmûris. Les alcools avoisinent les 15°... les mains collent et il faut mettre les épinettes dans l'eau plusieurs fois par jour pour éviter qu'elles se bloquent à force de sucre! Tout est mis en chambre froide et en cagettes pour descendre les température à 5°. Demain matin, tout sera éraflé et encuvé pour une macération pelliculaire à froid. La deuxième parcelle (Belle Vue), demain, sera elle aussi vendangée... les raisins sont très aromatiques... à suivre

lundi 6 octobre 2008

le chais

Les vendanges approchent et il faut vite finir de préparer le chais. Oh! ce n'est pas un chais type Château de Bondieu la Rose... mais c'est un chais artisanal avec toute les possibiltés de contrôle de la vinification. Mon ami Gilles, plombier de son état, est venu ce matin très tôt pour finir une soudure du système de refroidissement

Il a imaginié avec son ami électricien Jean-Jacques, tout un système de vannes avec pression d'eau, chauffe eau (bientôt solaire), tank à lait et accélérateur pour rechauffer et refroidir la cuve de fermentation... à la demande.

J'ai quant à moi trouvé un vieux tank à lait de trois cent litres chez un paysan à la retraite, que j'ai pu restaurer et refaire fonctionner. Il faut dire qu'il avait été parfaitement entretenu et stocké dans un endroit sec.

certes, ce n'est pas un groupe froid style centrale coaxiale Krio$... mais après tout, les chais actuels ressemblent plus à des laiteries qu'à de vrais chais... Le mien, il doit vinifier une vigne qui renaît dans un terroir qui avait disparu il y a 150 ans... on ne peut pas passer du moyen âge à l'ultra modernité sans des sas de décompression... enfin il y a tout ce dont j'ai besoin et c'est là le principal. La qualité n'est pas dans les marques de matériel mais dans le vin... n'est-ce pas?

Et une vendange manuelle, avec tri à la parcelle, mise en cagettes et en chambre froide pendant 12 heures, puis eraflées soigneusement, encuvée avec neige carbonique pour une macération pelliculaire de 4 à 15 jours!... vaut bien une laiterie. Quant à la vinification, je vous en reparlerai pour vous expliquer comment je vais procéder et pourquoi je fais ces choix.

Tenez pour la parcelle, j'y suis allé tout à l'heure:

les raisins sont entre 14 et 15°!!! ils avoisinent les 4,5 d'acidité (une semaine pour que sa baisse encore), les tanins des pépins sont mûrs et les antocyanes colorent déjà la paume de la main!!! ça vaut bien aussi une brasserie!

La splendide arrière saison que nous avons nous amène le soleil qui continue à mordre les raisins pour leur rougir la peau au maximum

La vendange des merlots se fera donc samedi 11 octobre 2008... une vigne du Périgord Noir va revivre ce jour là! Enfin, j'ai dû malheureusement quitter notre chère vigne pour m'occuper des derniers préparatifs du chais, régler des problèmes de mutuelle agricole, de douane et de cadastre... avec toutefois un dernier coup d'oeil en arrière

Après un siècle et demi de silence et d'oubli... sa renaissance n'ouvre t'elle pas l'horizon vers un sentiment d'espace et d'infini?

dimanche 5 octobre 2008

La fin d'un monde

C'est avec nostalgie que nous avons aidé notre voisin de 84 ans à faire sa vendange. C'est lui qui m'a tout appris en matière de culture. Sa ferme est typique des fermes du Périgord Noir, c'est à dire qu'elle était en pluriculture: lait, blé, vigne et tabac; ainsi que toute la production familliale: poules, cochon et potager. Il a toujours travaillé sa vigne organisée en appalu à l'ancienne, labourée au cheval jusqu'à une période récente, fait son vin dans une cave creusée dans le rocher... où le vin s'est fait depuis des centaines d'années, laisser le vin fermenter sans contrôle, le soutirer quand il ne "bout" plus dans des barriques qui ont été faites au siècle dernier! Le vin est bon, frait, à boire jeune, il fait 9°... un vin de soif comme on n'en fait plus. Bon quelquefois, il y a un peu d'acidité volatile... mais il paraît que ça revient à la mode. Il a donc sorti son tracteur (qu'une pince, du fils de fer et un marteau suffisent à réparer), attelé sa remorque:

Rangées toujours dans sa cave à côté de sa cuve, il a sorti ses vieilles comportes en châtaignier:

Lourdes à porter, il faut plusieurs hommes rien que pour manipuler les comportes pleines et verser leur contenu dans la cuve. Toute la famille est réquisitionnée:

le patron travaille comme les autres malgré son grand âge (il coupe son bois lui même, cultive son potager, sème son grain pour ses poules, entretien lui-même sa ferme constituée de plusieurs milliers de m2 de bâtiments et 1 hectare de parc!!!)

Chaque année il me dit qu'il va arrêter, et chaque année il recommence. Il est l'un des derniers Paysans de notre pays portant une tradition qui commence au XVI° siècle et qui finit à la modernisation de l'agriculture dans les années 1960/70. Nous l'aidons le plus possible... mais un jour tout s'arrêtera... et ces pratiques venues de la nuit des temps ne seront plus utilisées par ces lignées de paysans qui ont fait notre vieille France. Il faudra aller dans des musées pour voir ce qui a été le bain de nos ancêtres proches. Si je compare mon ami d'enfance, agriculteur de 48 ans, travaillant sur ordinateur, avec des taux de rentabilité calculés au litre de lait près, avec des tracteurs qui sont de vrais usines roulantes, réglés par des calculateurs numériques, en monoculture, ne faisant plus de cultures familiales (poules, cochon, potager, veau sous la mère), allant dans sa "stabu" placée loin de sa maison, comme on va au travail dans les villes, prenant les même vacances que sa femme prof en collège... et mon deuxième grand-père de 84 ans qui labourait au cheval et aux boeufs il n'y a pas si longtemps: 40 ans les distinguent, une civilisation les sépare!

vendredi 3 octobre 2008

de plus en plus froid

Décidement, cette année ne ressemble à aucune autre. Les températures sont en train de descendre à 3° la nuit... bbbbrrrrr! L'automne s'annonce bien là avec des merlots, en tout cas les miens, qui ne sont toujours pas vendangés. Ils mûrissent tellement bien que je n'ose pas les toucher... mais la pluie a des chances de revenir lundi et mardi. Il faut que nous tentions le diable pour essayer d'avoir un vin extraordinaire. On peut tout perdre en début de semaine prochaine, car la météo indique plutôt de la pluie... alors! que faire? vendanger pas mûr comme la plupart des vignerons ou attendre le sommet qui peut-être une catastrophe? Voilà tout l'enjeu de ma vie... risquer pour le meilleur et pour le pire! Tant pis, les raisins sont trop beaux... les ramasser avec une maturité aléatoire... non! Le chais quant à lui est prêt. Le système de refroidissement et de rechauffement de la cuve est enfin disponible. Un tout nouveau chais... c'est émouvant. Le premier vin de Saint-Cyprien dans le Périgord Noir va enfin revivre... encore quelques jours.