Domaine de la Voie Blanche

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dimanche 25 avril 2010

Vigne des enfants

Une fois le pliage des lattes fait, il a fallu sortir les bois des rangs de vigne pour en faire des fagots, bien rangés en bout de rang. C'est enfin chose faite:

Les fagots ont toujours été la propriété des vignerons qui taillent la vigne. La loi existe encore mais elle n'est plus appliquée. Souvent les sarments sont broyés ou brûlés. François et Antoine ont décidé de les donner à des amis qui adorent se faire les fameuses côtelettes d'agneau aux sarments de vigne... ayant un four à pain dans la propriété, il a aussi décidé de s'en garder quelques uns...! Sage décision, la générosité n'empêche pas un certain réalisme. Puis, j'ai dû sortir la vieille décavailloneuse autrefois tirée par un cheval, stockée dans la grange

aucune machine du domaine ne pouvant passer dans cette petite vigne, nous l'avons attelée à un Kubota... puis nous avons "ouvert" les rangs de vigne

on dit aussi "curer", mais c'est moins joli. Il faut une certaine maitrise de l'outil pour bien le faire... heureusement j'avais fait, il y a plusieurs années, un stage chez Jean, que je voyais faire avec son cheval quand j'avais 4 ans. Il m'a appris le "tour de main"... et a beaucoup ri comme d'habitude. Ainsi, les pieds sont débarrassés en partie de l'herbe et peuvent se gaver de nourriture et d'eau. Au moment du débourrement, c'est très important. Après la fleur, pour respecter les "quatre façons" on recavaillonera avec une vigneronne... tirée par le Kubota... peut-être un jour par le cheval... qui sait. François m'a bien aidé, je crois qu'il aura le coup de main.

samedi 17 avril 2010

aération de printemps

Ce matin après le lever, je suis tombé en admiration devant le cerisier en fleur...

Une explosion de parfums et de couleurs... c'est toujours un emerveillement pour moi. La chaleur des journées ensoleillées que nous avons, autour de 19° à 21° permet la montée de la sève aux fleurs, l'activité des abeilles... promesse de fruits et de miel! Après une semaine de très beau temps, et un décavaillonage de la vigne hier avec Guillaume, j'ai sauté à nouveau sur mon massey pour atteler les dents Michel. L'instrument est assez impressionnant

Il a fallu que je permute les dents ce matin... chaque dent pèse son poids, et les sortir du cadre pour les réincérer, a nécessité une masse. La mécanique agricole n'utilise que rarement des tournevis d'électronicien. L'intérêt de cet outil pour moi et qu'il aère le sol en profondeur sans bouleverser les horizons... c'est à dire les différents niveaux du sol comme le fait un labour avec une charrue (qui met dessous la terre du dessus) et pire le défonçage du sol (excuse moi Hervé! je n'ai pas fait exprès). Le sol est respecté grâce à ces dents qui sont montées sur des supports courbes:

L'outil va donc aérer le sol en soulevant et en brisant les compactages, ceci assez profondément sans affecter la structure du sol ni sa surface

Comme on le voit, on a à peine l'impression qu'un travail a été fait. L'idée et de créer une circulation, la plus intense possible entre la vigne et la roche mère pour puiser le maximum d'arômes dans le terroir. Cet aération va véritablement faire exploser l'activité fertile et les racines de la vigne vont littéralement plonger pour se nourrir d'éléments organiques ainsi délivrés... la roche mère étant à quelques centimètres... la jonction se fera assez rapidement. En plus, les racines paresseuses qui restent en surface sont coupées. La vigne est forcée de plonger et de chercher sa nourriture dans des humus qui ne sont pas touchés par la sécheresse estivale. Lorsque l'argile se rétracte et se gonfle au fur et à mesure de l'alternance des pluies et des périodes sèches, il casse aussi les racines de la vigne l'obligeant à en reformer d'autres... d'où l'intérêt de l'argile pour la vigne. Car se rythme naturel, que j'amplifie simplement, est très qualitatif pour le vin.