Domaine de la Voie Blanche

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jeudi 29 octobre 2009

labour suite

Aujourd'hui j'ai labouré les merlots dans une lumière divine

Les tons ocres faisaient ressortir le brun de la terre. On peut voir la charrue au travail

Il faut vraiment de la puissance pour travailler cette terre ou seule la vigne pousse. Les pierres, le rocher et l'argile ne se laisse pas faire et sont la raison pour laquelle les paysans sont descendus travailler dans la vallée, sur des terres plus facile. Mais rien ne remplacera la vue sur les coteaux, Le paysage si équilibré et la qualité du terroir... même pour le blé

mercredi 28 octobre 2009

Labour

Et voilà, finalement, j'ai opté pour le travail du sol. L'arrivée des pluies dimanche, le très beau temps de la semaine, l'urgence de semer les engrais verts... tout cela m'a orienté vers le travail à la vigne. Je ferai ce qu'il faut au chai; après! Il a fallu atteler ma vieille vigneronne pour une "façon" qui prend son origine dans la nuit des temps: le cavaillonage. C'est à dire l'opération qui consiste à butter les pieds de vigne et à ouvrir le centre du rang. Voici ma charrue:

elle n'est pas toute jeune et cette vieille charrue chante mieux que bien d'autres. Le labour est important dans la vigne car il aere la terre et la débarrasse d'herbes encombrantes pour pouvoir y semer des plantes qui vont enrichir le sol. Autrefois cela prenait bien une bonne partie de l'automne, avant de fumer les terres... ou après. Tenez regardez le travail

rien ne travaille mieux le sol d'une vigne qu'une vigneronne. Bien sûr, il faut la régler, et cela n'est pas toujours facile... mais une fois le réglage réussi grâce aux conseils des anciens... en l'occurence Jean... c'est un vrai bonheur de travailler avec. Sur cette photo on voit bien les pieds de vigne qui sont recouverts d'une "couverture" de terre pour passer l'hiver au chaud, et le centre du rang qui est ouvert avec les sillons du labour

Quand je pense que le cavaillonage se pratiquait déjà chez les romains puisqu'on a trouvé des traces d'anciennes vignes grâce aux restes des cavaillons. C'est d'ailleurs assez émouvant de voir émerger le sarclage des buttes, quelquefois enfoui à 1 mètre sous terre, fait par un paysan mort il ya 2000 ans! Cela n'avait pas changé jusqu'à l'arrivée des herbicides au XX° siècle, libérant le vigneron de ce travail éprouvant qui consiste à desherber la vigne. Mais, depuis lors, on a abandonné le travail du sol et avec lui, l'entretien de la fertilité des terres grâce à l'aération tant précieuse à la vie des micro-organismes. De nombreux sols ont vu leur structure se dégrader depuis 40 ans. Que l'on utilise des plantes ou des outils, il faut retravailler la terre. Elle a besoin de soins tout autant que les plantes. L'idéal est d'arriver à tout faire avec des semis d'engrais verts; ne travailler la terre qu'en semant des plantes, puis en les détruisant pour que la décomposition de leurs racines amène de l'oxygène et des matières nutritives. C'est ce qu'on appelle l'agriculture naturelle. Son fondateur est Masaboni Fukuoka, paysan et ingénieur japonnais, qui a passé 50 ans de sa vie à observer la nature afin d'en déceler les potentialités agricoles. Il en est arrivé à une démarche du "non-agir". Je vous expliquerai cela plus tard. Aujourd'hui, j'ai commencé le cavaillonage par la jeune plantation de cabernets francs... demain je fais les bourdalès et une partie des merlots.