Domaine de la Voie Blanche

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 30 mai 2009

Ce blé que m'apporte ma vigne

Mais non, je ne veux pas parler d'argent... d'ailleurs la vigne n'en apporte pas beaucoup. Mais par contre, dans la recherche de la bio diversité, du paysage et de la sauvegarde d'une vieille tradition périgourdine, nous avons tenu, au Domaine, à conserver des restes de la technique des Apallus. Technique qui consitait à alterner vigne, fruitiers et blé... et quelquefois, pommes de terre! Notre apallu de pommiers a d'ailleurs été replanté sur l'ancien apallu de ce fruit dont deux vieux arbres témoignent de son existence. Dans cette photo on distingue bien cette ancienne technique

Au domaine on est officiellement conservateur d'une ancienne variété de blé: le blé rouge dont la farine très panifiable, produit des goûts et des saveurs dans le pain, tout à fait exceptionnels. Pas besoin de levure chimique pour faire monter ma pâte, un bon levain naturel... et le tour est joué. C'est jean qui sème le blé, rappelez vous après les vendanges:

après un labour avec "façons inversées" bien entendu, bio oblige, jean avait semé le blé à la volée

image fantastique d'un geste qui plonge ses racines dans la nuit des temps! Jean sourrit d'ailleurs sur cette photo car j'avais essayé de le faire avant lui... et je dois dire que mes graines se répartissaient en bandes semi circulaires à la manière d'un marquage au sol pour le tir au javelot! Jean m'avait montré pourtant... vengeance de l'expérience sur la méchanisation. Au mois de Décembre le blé avait bien poussé

et bien voici où il en est aujourdhui

magnifique, non? Semé à la main sans aucun engrais ni pesticide...! On remarque l'apallu de pommiers! En fait le blé est en train de faire sa floraison

les épis de Rouge sont très beaux... ils ne prennent leur couleur brune, qui leur a donné leur nom, que vers la fin Juin. Les variétés actuelles sont très différentes de celle-ci. Elles n'ont qu'une très petite tige car on a moins besoin de paille de nos jours, et leurs épis sont beaucoup plus grands et plus productifs avec quelquefois une 'barbe", qui les empêche d'être mangés par un quelconque animal. Aujourd'hui, d'ailleurs, les foins battent leur plein

Cette année il est très beau, bernard, producteur de lait et ami, vient tout juste de le couper. Tout cela ajoute à la bio diversité une touche un peu archaïque face aux mers de vignes que l'on trouve dans le Médoc!... à la mono culture... symbole de la modernité... et du progrés.

mardi 19 mai 2009

sarclage

Aujourd'hui le temps étant beau, le sarclage de la vigne est devenu une urgence. Il faut maintenir le sol le plus propre possible. Cela ne veut pas dire qu'il faut tout desherber, çà c'est du jardinage parcs et jardins, un peu d'herbes folles permettent des échanges avec la vigne et un maintient de l'activité biologique, il faut apprendre à avoir une vigne "un peu sale", c'est pas très esthétique, mais c'est très écologique! Néanmoins, il ne faut pas se laisser gagner par l'herbe et en bio on n'a pas le choix: il faut sarcler. Soit avec une décavailloneuse, soit avec un roto-griffe; ce qui est mon cas. Or, c'est la nature de mon sol qui me dicte le moment d'intervenir, car l'argile est capricieux, il fait du bon vin, mais il ne se travaille pas n'importe quand. Il doit être ni trop humide, ni trop sec. Aujourd'hui et demain, c'est idéal car nous avons eu plusieurs jours sans pluie, le sol est parfait et la chaleur va permettre de tuer les herbes qui seront arrachées par le sarclage. Si nous avions prévu d'autres choses.... que nenni, il faut tout laisser tomber pour le sarclage... les pluies de l'année dernière nous avaient empêchés de faire correctement le travail, cette année nous ne voulons pas nous laisser dépasser.

Voilà mon engin lunaire attelé au Massey, prêt à attaquer le rang, et pour cause

l'herbe gagne du terrain, si l'on ne peut pas intervenir pendant 3 seùaines à cause de pluies incessantes, les vignes se retrouveront dans du foin.

Il faut une machine particulièrement solide et bien réglée car elle doit sarcler en évitant de toucher les pieds de vigne et de les arracher.

Dans un sol plein de cailloux, la solidité est primordiale, fiabilité, précision et solidité... voilà le secret! Mais je dois dire que seul l'homme avec sa sarcleuse manuelle répond à ces trois critères. Pour les machines, il faut avoir une bonne caisse à outils... il y a toujours de la casse. Aujourd'hui, j'ai cassé le ressort du bras droit... vite réparé, j'ai utilisé le bout de ressort qui restait... pas le temps d'aller faire les courses, système D, je verrai çà plus tard. Il faut courrir derrière la météo, car demain, au programme, labour d'un rang sur deux et traitement le soir... il parait que des orages guettent le Périgord, alors!

Ouf! j'ai tout terminé. L'outil est rangé dans la grange. La prochaine intervention sous le rang sera un cavaillonage avec une vigneronne: les 4 façons comme on dit... et ceci avant la fleur... avec le rrrrrrrrrr qui roule! Promis Jean, je cavaillone en Juin.