jeudi 29 juillet 2010
décavaillonnage et effeuillage
Par marc Dalbavie, jeudi 29 juillet 2010 à 18:44 :: SAISONS
Lundi et Mardi, avec le Naturagriff, j'ai décavaillonné la vigne... c'est-à-dire j'ai travaillé sous le rang.

Je dois dire que c'est le poste qui fait la plus grosse différence avec la viticulture non biologique, c'est-à-dire utilisant des défoliants... surtout en vigne de coteaux non plane. Je peux comprendre que dans les années 1950, lorsque les desherbants chimiques sont arrivés sur le marché, tout le monde s'est jeté dessus...! Car quelle économie de travail et d'embêtements! Deux passages par saison au Roundup avec des buses ajustées sur le pulvérisateur... 6km/h, pas de casse... et 20 hectares fait dans la journée. Au lieu de cela, un décavaillonnage à la machine; lame, rotogriffe, bêcheuse, socs... entrant dans la terre pour la travailler... de 1,5 à 3,5 km/h, avec de la casse bien souvent (la terre ne se laissant pas toujours chatouiller)... sur des vignes à 5000 pieds/ht... 3 hectares = 2 jours. La différence est tout simplement incomparable. Donc, lorsque certains viticulteurs me disent qu'ils font "presque" du bio... sans travail sous le rang... je reste perplexe. En tout cas, même si le surplus de travail est important, le travail sous le rang reste pour moi essentiel. Garder une terre souple et vivante à l'emplacement des ceps de vigne n'est pas accessoire... et c'est pourquoi j'accepte de m'emm....r à le faire. D'ailleurs, au Domaine, on le fera certainement un jours... avec le cheval! Aujourd'hui on continue l'aération des grappes.

Quand on voit un vélo au bord d'une vigne... c'est qu'il y a un jeune qui y travaille, même si on ne le voit pas tout de suite. L'effeuillage est particulièrement difficile et les courbatures et maux de dos arrivent fréquemment.

Il faut se pencher et bien regarder ce que l'on fait.

Les positions sont fatiguantes... au Domaine, presque tout se fait à la main

Bien sûr, il existe des moyens mécaniques pour le réaliser: effeuilleuse thermique, effeuilleuse à couteaux... mais rien ne remplace le regard du vigneron qui, en voyant des entassements de grappes, va les séparer pour les aérer. Aucune machine ne peut faire cela... en tout cas pour le moment. Qui sait... avec une caméra et un ordinateur... on pourra automatiser ce travail... et comme cela, il n'y aura plus de vélo au bord des vignes... on n'aura plus besoin d'être humain pour travailler... seul le propriétaire pourra surveiller avec des écrans, chez lui, sur son canapé, le travail incessant des machines automatiques dans ses vignes. Ah! Quelle belle perspective! Enfin, je pourrais regarder tout les épisodes de Colombo que j'ai ratés. Quant à ceux qui ne possèderont ni terres, ni entreprises...? Ils boiront le vin pour oublier...! Quel progrès! En attendant, l'aération des vignes se poursuit, on aura fini avant le 10 Août.

















