Domaine de la Voie Blanche

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mercredi 31 mars 2010

pliage, liage...

Les travaux de fin d'hiver continuent. Cela tombe bien, la température baisse et nous nous attendons à de nouveaux degrès en dessous de zéro dans deux jours. Pour le moment, nous n'observons pas de débourrement dans la vigne. Tout à l'air encore endormi et donc, l'enchainement du labeur se poursuit avec le liage de la vigne. Autrefois, on liait déjà la vigne.

Dans ce Livre d'heures fait à Brugge au XV° siècle, on voit bien le liage sur échalas fait par les vignerons au second plan; liage qui permet à la vigne de s'élever du sol. Nous sommes au Nord, en Flandres, il y avait des vignes! Et comme chez nous, le froid et l'humidité ne leur permettaient pas de laisser ramper la vigne sur le sol comme ce merveilleux vignoble "en foule" de Santorin où l'Assyrtico et l'Aidani, cépages qui remontent à un temps disparu où Démocrite louait la vigne, donnent ce si grand vin de Vino Santo, vivifié par le soleil de cette Grèce tant secouée actuellement. Chez nous il faut que la vigne s'élève comme le prêtre lève le calice vers le ciel. Et c'est de ce mouvement ascendant qu'un surcroît de travail oblige le vigneron à plier son genoux à terre. Notre époque a oublié l'échalas pour lui préférer le fil de fer... progrès technique indiscutable qui permet de "tenir" la vigne loin des roues du tracteur, qui des cinq hommes de l'enluminure, a permis d'en jeter 4 dans les cités périurbaines, et de n'en garder qu'un: solitude du vigneron, conquête de la rationalisation économique. Le second avantage du fil est la possibilité d'avoir une latte liée à plat, et donc une disposition des grappes et des feuilles qui favorise la circulation de l'air et l'exposition au soleil. Ce second avantage est pour moi le seul quoiqu'une parcelle de vigne, celle dîte Du Vieux Poirier au Domaine, est plantée de Bourdalès tenus par des échalas... j'en parlerai plus tard. Après la taille, la vigne a un drôle d'air, ses prampres semblent nous saluer

même si le geste est sympathique, il nous faut absolument plier la latte sur le fil, puis l'attacher. Or, rien n'est mieux que de plier un sarment par temps de pluie

Guillaume, munit de sa lieuse dans sa main droite et de son imper sur ses épaules, possède la panoplie du travail par temps pluvieux... les bottes en plus... qu'il n'avait pas! Ainsi, la première action délicate consiste à plier la latte sur le fil... sans qu'elle ne casse... d'où l'humidité, particulièrement pour les malbecs qui n'aiment pas se faire plier facilement. C'est un cépage "rebelle". Puis, adroitement, il faut actionner la lieuse en maintenant la latte et le fil attacheur.

Cela paraît facile... mais le tour de main est nécessaire. Heureusement qu'il existe encore des gestes pour produire le breuvage des dieux... la mécanisation n'a pas encore réussi à vaincre ce rempart d'humanité... pour combien de temps? Une fois la latte bien "arrimée" aux cordages (ne dit-on pas "voilure" lorsques les feuilles se déploient), il faut, dans le cas d'une vigne bio, attacher les deux fils de relevage, en dessous de la latte pour qu'ils ne trainent pas au sol. Grâce à cette technique, nous pourrons passer la décavaillonneuse sous le rang et ainsi faire le premier labour de la saison. Je dit pour une vigne bio, car dans le cas d'une vigne "conventionnelle", on peut laisser les fils par terre car on asperge le sol d'un herbicide grâce à des buses fixées au pulvérisateur. Cet exemple du surcroît de travail explique la différence des coûts de production du bio par rapport au chimique.

Mais c'est un point interessant car ici: le rationnel est-il raisonnable? Je veux dire que la rationalité économique permet de réduire ces 4 opérations que sont: cavaillonnage à l'automne, suspension des fils de relevage, déchaussage puis décavaillonnage au printemps... en une seule: pulvérisation d'un herbicide! Mais est-ce raisonnable d'épandre sur la surface du globe des milliards de litres d'herbicide? La guerre aux plantes par une arme de destruction massive... Bon! Guillaume, avec qui je partage de nombreuses idées, décide que ce surcroît de geste est essentiel... nous sommes sur la même longueur d'onde et c'est pour moi important... cela serait tellement difficile d'essayer d'obliger un viticulteur à faire ce à quoi il n'adhère pas.

Enfin, le bout du rang arrive et une fin de journée pluvieuse a permis d'avancer le travail et d'accomplir la préparation du cep au débourrement qui ne devrait pas tarder. D'une salutation, les vignes semblent se maintenir aux fils comme pour mieux prendre leur élan printanier. Le prochain billet sera pour le liage du Bourdalès sur échalas avec le pliage en corbeille... comme aux temps jadis.

samedi 27 mars 2010

Fin de la taille

Ca y est, la taille est enfin finie avec en plus, aujourd'hui le soutirage des "Joualles". Guillaume est venu s'occuper de la jeune plantation de cabernet franc.

muni de son sécateur électrique, il s'est particulièrement occupé des ajustements des jeunes plants. Il a fallu raccoter en Novembre pour les petits pieds qui n'avaient pas démarré. S'occuper d'une jeune vigne est difficile car il faut souvent se baisser pour travailler.

Et le dos n'est pas toujours épargné. C'est sûr que le confort du sécateur électrique change tout... y compris dans le rendement. Pour les jeunes plantations, je préfère demander à Guillaume qu'à Jean-Guy de les faire, il est jeune et possède encore toute l'agilité nécessaire. Il ne faut jamais oublier que le travail de vigneron est avant tout un travail physique. Bien sûr, on se dit: Quelle chance d'être au soleil et d'avoir une activité physique bonne pour la santé... certes! Mais lorsque c'est quotidien, avec des journées comme maintenant qui commencent dès l'aube... la journée peut être longue et la fatigue peut vous tomber dessus très rapidement. Surtout qu'il faut rester vigilant et précis. Une faute d'inattention et l'accident peut arriver.

Autrefois on taillait la vigne avec une serpe comme dans cette enluminure du XV° siècle, ainsi qu'aux temps antiques. La serpe du druide est d'or, celle du vigneron de fer.

Le sécateur est arrivé au 19° siècle et au début, il n'était pas très au point. Tout cela a évolué tellement vite. Maintenant, le sécateur est électrique grâce à la miniaturisation et à l'autonomie des accumulateurs, toujours plus légers. Quand j'avais 4 ans, Jean travaillait sa vigne avec le cheval... aujourd'hui on essaie des prototypes de robots agricoles qui s'orientent grâce au GPS. Les tracteurs que nous avons au domaine sont de véritables petites usines roulantes avec toutes sortes de systèmes sophistiqués. Entre le cheval de Jean et nos tracteurs d'aujourd'hui... un petit 45 ans les éloignent... deux civilisations les séparent... un monde qui plonge son commencement dans la nuit des temps... un autre qui débute durant ce douloureux XX°siècle. ces mondes se tiennent la main, l'un est en noir et blanc, l'autre en 3D. Qu'ont elles à voir ces deux civilisations... presque rien: l'une lutte avec la nature pour survivre, elle en est l'un des éléments... le plus haut, l'autre tente de préserver le peu de nature qu'elle détruit sans même s'en rendre compte... elle s'en est exilée. L'une demande du courage, l'autre du contrôle. L'une vous fait ressentir l'immensité de la nature, l'autre vous révèle sa fragilité. Je me rappelle toujours cette phrase de Finkelkraut:" Avant, nous voulions transformer le monde, maintenant ne faudrait-il pas mieux l'épargner?". La fin de cette civilisation qui a commencé au néolithique et qui s'achève sous nos yeux avec la fin des derniers "paysans" est pour moi un moment considérable. Plongé dans le monde moderne je n'arrive quand même pas à faire le deuil de ce crépuscule. Je ne me ferais jamais aux conséquences de la massification démographique que sont l'hyperbole technologique, l'inflation financière et l'hyperrationnalisation administrative qui nous pousse à courrir après toutes ces normes avec de plus en plus de charges pour tenter de rester dans ce moule administratif monstrueux qui dévore tout notre précieux temps. Au lieu de ce stress abrutissant, nous pourrions prendre le temps de flâner dans nos vignes et ainsi de ressentir sur notre peau, le souffle léger de la brise qui relie dans une étreinte le sol, la plante et le mouvement imperceptible de l'air qui est comme la respiration de notre planète. Il me semble que lorsque je bois du vin, c'est ce lien immense qui m'envahit et m'ennivre jusqu'à la joie... rien de tel avec du Fanta! J'y suis à jamais insensible... c'est mon côté réac...! En dehors du Fanta, il a fallu lever les bois accrochés aux fils après la taille, c'est aussi chose faite.

C'est un travail pénible d'enlever les bois, il faut couper toutes les vrilles que la plante déploie pour se fixer quelquepart. Puis, il faut détacher les anneaux du double fil pour libérer la pampre, puis tirer comme un sauvage et placer la pampre bien au milieu de l'inter-rang. Ce travail était fait d'ailleurs par les femmes, les hommes faisant plutôt la taille et la pose des palissages, chacun ayant son rôle dans le travail viticole, comme on le voit dans l'enliminure.

Commence maintenant le carassonage, il faut réparer le palissage au plus vite et commencer à lier les lattes aux premiers fils, car la pluie arrive, et c'est un très bon moment pour plier les bois qui sans humidité peuvent plus facilement casser. Sur la photo on voit bien le début du pliage: les lattes sont rabattues sur le premier fils et attachées grâce à un fils spécial.

Ce cycle perpétuel de recommencement saisonnier est pour moi comme une litanie, il m'invite à une sorte de prière panthéïste. Le printemps n'est pas la répétition de celui de l'année dernière, il est une nouvelle naissance... C'est un éternel recommencement... un cycle qui me porte et un renouvellement qui me pousse vers l'avant... Suite au prochain blog...

lundi 22 mars 2010

La vigne des enfants

Cet été en montant de Cucugnan vers Quéribus dans le Roussillon, mon fils François voit une vigne sur la gauche qui s'appelle "la vigne des enfants". Nous nous arrêtons pour lire un panneau qui explique que l'école a décidé de prendre en charge une vigne pour sensibiliser les enfants au métier de vigneron. Mon fils François, interessé par cette idée me demande de créer une vigne des enfants chez nous en Périgord. Quand on voit à Cucugnan le nombre de vignes arrachées ou abandonnées donnant à certains endroits un air un peu de désolation, j'ai trouvé l'initative tout à fait stimulante, même si en Périgord noir il ne reste presque plus de vignes...! Conscient que je m'y prenais un peu tard par rapport à Cucugnan, pour sauver les quelques pieds qui resistent sur nos coteaux maintenant échevelés, je décide de donner à François le carré de vigne à côté de la maison... vigne qui sert à faire le vin du vigneron, c'est à dire le vin de la famille, et qui devient: la vigne aux enfants.

Lui donnant cette vigne je le previens de sa responsabilité, et du fait qu'il devra en faire tous les travaux (taille, levée de bois, sortie des bois, carassonage, liage, desherbage à la main, ébourgeonnage, relevage, effeuillage, vendange)... sauf le sulfatage bien sûr et la vinification réservée aux adultes. Il me prend au mot, et la semaine dernière, n'ayant pas oublié ma promesse de cet été, à ma grande surprise... François m'annonce qu'il commencera à tailler la semaine prochaine...? Avec Nathalie nous décidons donc de lui offrir un vrai sécateur professionnel pour qu'il ne se fasse pas mal au poignet et suivant l'adage "qu'un bon ouvrier a de bons outils". Un sourire radieux accueil le cadeau... mon fils serait-il interessé par la vigne? Aujourd'hui, Dimanche, belle journée pendant le vote des régionales... François décide d'appeler son ami Antoine du hameau voisin qui arrive dare-dare en bicyclette pour travailler avec lui.

Antoine, fils de Frédéric, fromager merveilleux et créateur des yaourts Péchalou, un produit artisanal qui par sa qualité a conquis le Sud-Ouest, neveu de Bernard, producteur de lait, fils et petit fils de paysans... bref, après quelques explications, Antoine saisit tout de suite ce qu'il faut faire et voici nos deux jeunes oisillons de 12 et 13 ans qui se mettent au travail; François à la taille, Antoine à la levée des bois et à la taille muni de mon sécateur Arno. Dans cette vigne les cinq cépages sont le malbec, le merlot, le carmenère, l'abouriou et le tannat. Il y a aussi quelques pieds récupérés dans la forêt, à l'emplacement d'anciennes vignes disparues dont seuls subsistent les murets d'enclos, la borie et quelques plantes viniques qui grimpent désespéréments aux arbres pour chercher la lumière... les hommes ayant décidé de leur en priver en abandonnant ce qui faisait leur fierté pour se jeter dans l'abrutissement des excitations urbaines. Ces clos de vignes sont comme des temples d'Angkor envahis par la jungle de chênes, de châtaigniers et d'accacias, la forêt périgourdine presque laissée à elle même... derniers témoins d'une civilisation viticole ancienne et oubliée. C'est par dessus ces tombeaux que je déambule souvent dans ces bois, essayant de communiquer avec le vieux vigneron qui jadis se penchait sur cette terre ingrate pour en extraire, à force de coups de houe et de soins infinis, le nectar magnifique qui les jours de fêtes, lui faisait oublier les douleurs du labeur paysan, et lui faisait croire qu'il offrait sa vie au ciel! Le carré de vigne familiale englobe tous ces cépages qui sont le vieux livre de photos de famille... où l'on voit l'aïeul, droit comme un barreau de chaise, endimanché, la tête couverte du chapeau protecteur, qui d'un regard roide et fixe, face à la chambre Gaumont du photographe, semble contempler l'infini d'un futur dévastateur. Au milieu de ce livre de photos qu'est le carré de vigne du Domaine, François apprend à faire la taille en guyot avec cot à 2 yeux.

Au début, il s'applique et prend du temps pour bien réfléchir; qu'elle pampre couper? Où faire la cot à 2 yeux? Où faire la latte? Dois-je prendre la pampre bien placée comme latte... mais fragile, ou dois-je privilégier une pampre plus vigoureuse et moins bien placée? Bref, que de questions, une leçon de vie, rien n'est simple, le coup de sécateur à lui seul concentre la tragédie des choix impossibles que nous devons faire toute notre vie.

Certaines parties sont plus grosses et plus dures à couper, il faut alors prendre le sécateur de force. Quelquefois, la taille n'est pas facile car les bois sont enchevêtrés dans les attaches des fils au piquet. Et là Antoine fait montre d'une belle dextérité:

Bref, avec un temps très beau et doux, une entente parfaite, la journée, envahie du travail de la vigne, se passe dans une bonne humeur et une joyeuse sérénité.

Le soir, il a fallu quand même chercher François pour qu'il vienne manger, malgré la lumière qui baissait... il était toujours absorbé dans sa taille. Quel plaisir de sortir mon fils de la vigne plutôt que de l'écran de l'ordinateur... tiens... celui devant lequel je me colle pour vous écrire, qui à la place des jeux stupides dont rafollent nos adolescents... vous parle d'une journée à la campagne, dans une vigne où deux enfants serrent au bout de leurs sécateurs, la main d'un vieux vigneron qui vient d'un temps où l'arbre, le vent, la pluie, le soleil et la terre, étaient des dieux qu'il fallait vénérer et dont les offrandes témoignaient du dos courbé vers la terre... position de souffrance, d'humilité et de prière qui plaçait l'homme au sein d'une nature enchantée.

lundi 8 mars 2010

Il neige le 8 mars 2010

C'est à marquer sur le calendrier: il neige en Périgord noir un mois de Mars.

Certes, il n'y a pas de manteau blanc comme au mois de Janvier mais on peut voir les gros flocons blancs sur la photo, et j'avoue que de la neige si tardivement... c'est étonnant. Le réchauffement de la planète va peut-être amener un refroidissement en Europe, qui sait? Les cro-magnons qui vivaient à 6 km de chez moi vivaient dans un pays froid où il y avait des mammouths, des ours et des glaciers. On n'y faisait pas de vin, et les plages nudistes étaient vides. On ne se rend pas compte à quel point les conditions climatiques en France ont fortement évolué depuis 10000 ans. Dans quelques années, les vins de Bordeaux ne seront plus que du Champagne, et le Roussillon du Bordeaux...!!! Ou du Rioja... qui sait! En tout cas, nous sommes un peu en retard sur la taille au domaine, et donc ce retard naturel nous arrange plutôt. Bientôt il faudra décavaillonner... et un peu de froid nous convient parfaitement.

vendredi 5 mars 2010

Les migrations

Hier le troisième vol d'oies sauvages est passé au dessus de la vigne

cela veut dire que le printemps est en train d'arriver progressivement. Ce n'est pas le calendrier qui me l'indique, mais bien la nature, qu'il faut observer. Cela ne veut pas dire que nous n'aurons pas des gelées... d'ailleurs, hier c'était la Saint-Adrien et ne dit-on pas "Pour la Saint-Adrien, la glace revient", or il a fait -1° cette nuit et on prévoit des -4° à -6° pour les nuits qui viennent.

Pour ce qui est de la taille, Barbeyrolles est presque fini, il nous reste Les Joualles à faire. On va commencer sans-doute jeudi... il faut finir pour fin Mars. Aujourd'hui, j'ai épandu du guano sur les plantations pour leur donner un coup de pouce. Puis de la farine de plumes pour une partie marneuse, c'est à dire un argilo-calcaire très riche en calcaire actif. C'est un endroit où la vigne se plait bien grâce à un hydratation régulière, la marne étant un bon régulateur hydrique, mais l'inconvénient est que le calcaire actif, peut avoir pour conséquence de bloquer des oligo éléments, particulièrement le fer et le manganèse. Il faut donc bien surveiller cette parcelle, et s'en occuper en acidifiant le sol par des engrais verts et l'apport de soufre et de plumes de volaille.

Je viens de finir l'apport de lithothamne, de gypse, de roches basalmiques et de roches dolomitiques sur une partie où le sol est légèrement acide dû à la présence d'une roche calcaire dont le calcium a été déjà consommé par les plantes qui sont dessus. C'est un sol que l'on dit "ancien", il faut donc redynamiser le sous-sol pour que le calcium qui se trouve plus profondément emmagasiné dans le calcaire soit de nouveau décomposé et ramené à la surface grâce à la multitude de petits animaux (bactéries, vers de terre, champignons, insectes...) qui travaillent dans un sol non abimé par l'agriculture chimique. C'est ce que l'on appelle le chaulage qui se fait généralement avec de la chaux, c'est à dire du calcaire cuit à très haute température, puis épandu sur le sol. En agriculture biologique on chaule préférablement avec du calcaire brut (dolomite ou gypse ou marne), les micro-organismes du sol faisant le reste, mais pour cela il ne faut pas employer de pesticides qui tuent tout ce petit monde qui est constitué par autant de "bras vigoureux" au service du paysan qui sait les employer. Le calcium (carbonate de calcium) va ensuite sous l'effet de l'eau et de tout le mécanisme naturel se transformer en bicarbonate de calcium, ce que nous recherchons dans notre cas. Ainsi, l'action sur le sol et sa structure sera durable, certes moins rapide qu'en utilisant de la chaux, mais bien plus efficace à long terme, et beaucoup moins cher. Pour le Petit Manoir, les première analyses sont intéressantes, les amphores fonctionnent. Le ouillage est plus fréquent au début et il faut surveiller les volatiles car l'oxydation est plus intense que dans le chêne. Il a fallu rectifier le SO2 pour éviter tout accident... on est dans un milieu très peu confiné et l'échange avec l'extérieur est plus actif. Le vin est vivant et il faut s'en occuper comme avec un enfant... particulièrement si on n'utilise pas de moyens modernes de "sécurisation". Tout est affaire de sensibilité... et de vigilence. J'avoue que cela ne va pas sans un petit stress... mais que ne ferait-on pas pour notre enfant!