Domaine de la Voie Blanche

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samedi 6 septembre 2008

la pluie de septembre

Et oui! il pleut... bon! la vendange n'est pas pour demain et il pleut toujours mi septembre. Mais, je ne vous cacherai pas que s'il faisait soleil jusqu'aux vendanges, le vin serait merveilleux.

Tenez, nous utilisons un pluviomètre. C'est une sorte de récipient en plastique, gradué qui permet de récupérer la pluie et de mesurer les litres d'eau qui tombent. C'est important, car en bio, la pluie cumulée permet de positionner des traitements... alors...! Mon voisin, un vieux paysan, lui, utilise une vieille gamelle en métal... qu'il met sous une gouttière.. il ne se trompe jamais!

vous pouvez peut-être voir qu'il est tombé 15mm d'eau, ce qui veut dire 15 litres d'eau par m2...!!! L'avantage c'est qu'en Périgord noir, les raisins n'aiment pas trop, mais les cèpes adorent... alors, on se consolera avec des omelettes aux cèpes cueillis dans les bois en face de la vigne...

Comme je ne veux pas parler de raisin, je vais vous parler de mes tomates... elles ne murissent pas! eh! eh! eh! un malheur n'arrive jamais seul. Mais, par contre je les cultive de façon originale. J'ai trouvé cette technique dans le bulletin de la American National Tomatos society. En fait, je fais un rond avec du grillage à mouton, un cercle de 50cm de diamètre et un mètre de haut, fixé au sol par un piquet enfoncé à la massette. Je plante au milieu un pied de tomate avec des graines que j'ai récupérées l'année dernière dans mon potager...! et oui! je n'achète pas de semenses... je les récupère en choisissant toujours la plus belle tomate, du plus beau pied (comme pour toutes les autres plantes). Puis je sème des fleurs, en particulier des oeuillets d'Inde, qui ont un effet fongicide.

Et ensuite, JE NE FAIS PLUS RIEN!!!!!!! Eh oui! vous me lisez bien. Je ne fais plus rien. Pas de traitement, pas de palissage, pas de gourmants enlevés, pas de travail... une culture pour fénéant! Je laisse le pied se développer naturellement. Il va grandir en prenant appui sur le grillage... donc pas d'attachage. Certains me diront, ouais mais les tomates seront petites: eh ben voyons

Non seulement les tomates sont nombreuses, elles sont grosses, elles n'ont pas de produit chimique et elles ne sont pas malades comme toutes les tomates de mes voisins qui ont des pieds déjà marrons!!!

Alors, quand sans travailler on arrive à un résultat meilleur qu'en s'épuisant à force d'attention!!! la choix est vite fait.

Voilà pour aujourd'hui. Les tomates sont de plus en plus belles et on verra pour le raisin

mercredi 3 septembre 2008

Patience...!

Et oui! Le calme déploie enfin son long tissu de soie sur le domaine. Tous les travaux d'été sont finis... un petit poudrage de litothame la semaine prochaine avec un peu d'argile bentonique... et c'est tout. La vigne travaille toute seule, les sucres sont en train de migrer progressivement vers les grappes, les 5 litres au m2 d'eau de pluie qui sont tombés dans la nuit ont activé la sève et permettent d'avancer la maturité.

Avant hier j'ai pulvérisé du manganèse sur une parcelle de vigne qui montrait une carence due aux fortes pluies des mois de juin et juillet. Un produit bio bien sûr FIXA mn pour les amateurs de technique. C'est à peu près tout ce que mon activité déploie. Je devrais partir en vacance, mais des clients n'arrêtent pas de venir pour goûter et acheter les vins du domaine. Et il faut les recevoir, car ce sont eux qui permettent au domaine de vivre. Alors... entre les clients, des étiquetages et un bon livre... je regarde la vigne préparer tranquillement le millésime 2008. Quel sera t-il? Difficile de le dire actuellement. Tout est très en retard... y compris les tomates qui mettent un temps fou à murir!

Tenez, je viens de déguster une bouteille de notre Barbeyrolles 2006. Belle rondeur, fruits mûrs, bois de plus en plus fondu, des épices, du pruneau, un équilibre harmonieux... j'espère continuer sur cette voie... mais le millésime compte tellement! Il faudrait que je travaille encore plus la transparence! dans un vin rouge et riche? et oui! chercher des sensations paradoxales. Mais comment? On ne travaille pas le vin comme de la pâte à modeler. Il s'impose à vous. Il faut plutôt le sculter... il est comme le marbre de carrare qui vous résiste et qu'il faut tailler, couper, poncer... sachant que la couleur et une partie de la texture est donné par la roche elle même. En fait il faut prendre le vin... par surprise. Si je pousse le plus tard possible ma vendange ou si je l'étale... si je travaille beaucoup les sols pendant l'été ou si je ne fait rien. Il faudrait que j'expérimente... cette année il y a eu beaucoup d'herbes. J'ai laissé la vigne se débrouiller avec. Le sol est maintenant propre... mais c'est tout récent... pas plus de deux semaines. Qu'est-ce que cela donnera? Je ne sais pas. L'herbe a bu beaucoup d'eau cette année, cela a permis à la vigne d'en boire un peu moins. Elle a eu moins de ballonements! Qui sait, peut-être qu'elle m'en sera reconnaissante.

Encore une petite photo d'un pied heureux... bon, il faut que j'aille étiqueter... les derniers clients ont vidé mon stock.