Bon, comme je vous l’avez dit, j’ai dû changer tout mon programme car la météo ne m’avait à aucun moment consulté pour savoir ce dont je pourrais avoir besoin ! Il a plu quand elle a décidé… et il a fait beau de la même façon !

Jeudi j’ai donc aéré le sous-sol avec mes dents Michel. Je ne comptais pas le faire cette année. Mais, l'inter-rang enherbé était vraiment tassé, et j'ai pensé que les céréales pousseraient mieux dans un sol aéré et décompacté... et puis je n'avais rien d'autre à faire!

Le résultat est un inter-rang prêt pour le semis de gazon (celui qui est déjà nivelé), un autre pour des engrais verts (celui qui est encore motteux et souple).

Avec Jean-Guy on a attelé le semoir et son cultipaker

Dans l’espoir de semer le rang enherbé et l’autre couvert d’engrais verts, il a fallu ne pas trainer… malheureusement, à cause des pluies de samedi et dimanche, seule la journée d’aujourd’hui correspondait à un climat plutôt favorable avec un beau soleil, du ciel bleu et de la chaleur. Les pluies tombées de dimanche… avec trente litres/m2 nous ont obligés, malgré tout, à attendre le ressuyage.

Ainsi, arrivés à 8,00 h à la vigne, on s’est très vite rendu compte qu’il fallait encore changer le programme. Mon idée était de semer l’herbe puis l’avoine/vesce et enfin la féverole, celle-ci nécessitant un changement d’attelage puisque semée au Vicon !

Finalement, nous avons décidé de semer la féverole en premier, l’humidité du sol ne posant pas de problème puisque nous l’enfouirions avec la herse de l’avoine plus tard. Puis nous avons dû tout détteler pour réatteler le cultipaker… enfin en début d’après-midi le mélange ray-grass anglais et fétuque rouge (herbes) était semé.

La fétuque rouge a une grande qualité pour la vigne, elle se dessèche par temps sec et ne concurrence pas la vigne en eau à un moment sensible. Le ray-grass quant à lui possède des racines très puissantes qui supporte bien le passage des roues du tracteur et permet de protéger la structure du sol face aux tassements inévitables dus aussi aux piétinements lors des travaux multiples.



Les engrais verts que j’ai choisis vont apporter toute la matière organique dont le sol a besoin au printemps, tout en le protégeant à l’automne et en hiver, des pluies, de la neige et du gel. Le sol a besoin d’être couvert le plus possible, comme dans une forêt. C’est ainsi que la vie peut se développer et fertiliser l’argile. Et si une période de sécheresse intervient au printemps ou l’été, il suffit de labourer pour éviter la concurrence hydrique tout en créant un humus humide et utile à la vigne. C’est une pierre deux coups comme on dit.

L’association vesce/avoine est traditionnelle. C’est elle que pratiquaient les anciens vignerons du Périgord, elle a des qualités remarquables tant en apport de sucres lents et rapides, qu’en apport azoté. La féverole est une légumineuse aux multiples qualités… je l’ai essayé cette année en alternance 1 rang sur 2 avec la vesce/avoine. On verra laquelle ma vigne préfèrera. C’est elle qui décide in fine.

La journée a été longue et pénible hier. Les journées sont courtes à l’automne et l’arrivée des pluies pour mardi, nous a obligé à finir dans la nuit.

Heureusement, la soirée était sèche, sans rosée. On a pu terminer les semailles d’automne… on peut enfin rentrer à la maison avec le plaisir du travail bien fait. Barbeyrolle et Petit Manoir ont leur engrais verts et leurs sols travaillés. On n’aura plus a y revenir avant l’année prochaine. On peut enfin se reposer avant la taille de la vigne.