Vendange J+6
Par marc Dalbavie, vendredi 7 octobre 2011 à 19:56 :: Humeurs :: #207 :: rss
Départ 5h30 du matin avec une partie des vendangeurs dans le Land 7 places et une autre sur place au village du Fleix… nous vendangeons aujourd’hui notre parcelle de Barbeyrolle avec ses vieux pieds de 70 ans et plus, de merlot.

Quant à moi, je conduis le camion frigo… l’après-midi sera chaude, il faut faire attention de bien protéger les raisins jusqu’au chai. Dans mon camion, le fouloir du domaine que je dois amener au Fleix comme mon pressoir. C’est l’inconvénient de posséder des vignes loin du cœur de la propriété et dont le rapatriement des raisins pose des problèmes d’organisation et d’argent. Il vaut mieux s’installer dans un chai sur place et amener notre matériel… c’est ce que nous faisons actuellement. C’est un peu difficile pour l’organisation, mais c’est beaucoup moins cher que d’agrandir notre chai… et je ne parle pas de ce millésime où comme le disent les anciens : « il pousse tellement de raisins qu’il en pousse même sur les piquets » ! Toutes les cuves de notre chai en Périgord noir sont remplies à ras-bord. On ne veut oublier aucun raisin car tout est exceptionnel : on a la quantité et la qualité. C’est suffisamment rare pour être dit : le rapport quantité/qualité qui semble irrémédiablement être « inversement proportionnel »… ce rapport est totalement contredit par cette année dans ma région. On a beaucoup de raisins mûrs. Surtout sur ces vieilles vignes où le maillage racinaire est tellement étendu que la plante peut enrichir le raisin pendant très longtemps sans finir prématurément son cycle végétatif. D’où l’idée que l’on fait des grands vins avec des vieilles vignes. C’est vrai… mais on peut aussi faire de bons vins avec des jeunes vignes… car comme pour les enfants… il suffit de les surveiller et les chérir un peu plus !
En tout cas la vendange a commencé tôt le matin par la petite colline où sommeillent des pieds de merlots quadragénaires.

Tout le monde est au travail pour une vendange longue et épuisante. L’organisation de la vendange est toujours la même. Chaque rang de vigne a deux vendangeurs de chaque côté… les premiers arrivés au bout de leur rang aident ceux qui sont en retard… puis tout le monde redescend pour se redéployer… et ainsi de suite. Cette vieille méthode a deux avantages évidents : d’une part ceux qui récupèrent les cagettes de raisin ne sont pas obligés de courir partout et en tout sens avec le risque d’en oublier, et d’autre part, l’équipe reste groupée dans un esprit d’entraide. C’est particulièrement efficace pour le moral dans un travail aussi pénible.

Ce soir, Barbeyrolle est enfin vendangé et mise en cuve… 50 hl de moût particulièrement demandé dans les restaurants périgourdins et chez de nombreux cavistes. Les chiffres sont parlants : 14°, <1 de maliques (in-mesurable), 3,65 de PH, 2,31 d’acidité totale… un vrai bonheur et des précurseurs d’arôme à la dégustation, vraiment intéressants… merci à tous les vendangeurs qui ont dû redoubler d’effort pour éviter de faire éclater les baies en les plaçant délicatement dans les paniers et à ce terroir d’argile noir et de marne calcaire… exceptionnel !
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