Hier, broyage des engrais verts.

Le sol de la vigne est toujours couvert, soit par une bande d’herbe soit par un engrais vert. L’idée est de ne laisser le sol nu, à découvert, le moins longtemps possible. C’est impératif pour rendre un sol vivant. La faune du sol doit pouvoir se protéger du soleil et de la pluie. Elle a donc besoin, comme dans la forêt, d’avoir une couverture permanente.

La fertilité est dépendante de cette conduite agricole. Une fois l’engrais vert broyé, la faune puis les champignons vont le décomposer pour fabriquer de l’humus d’une part et des « produits transitoires ». Ceux-ci sont prêts à nourrir la plante. Pour cela il faut que les lombrics se trouvent au niveau de l’humus et non, plus bas dans le sol. Ils aiment la fraicheur et l’humidité. Un sol nu est séché par le soleil. Les vers de terre restent au fond et ne remontent que la nuit, voire pas du tout.

La couverture du sol permet aux vers de terre de se balader presque en surface et ainsi d’amener, par des mouvements entre la surface et la profondeur, les minéraux à la vigne. Le broyage va permettre de contrecarrer la sécheresse en apportant de l’humidité au sol et en « boostant » l’activité biologique. Les minéraux qui sont bloqué à la surface en l’absence de pluie, vont être quand même apportés à la vigne. D’où l’utilité d’un sol vivant face à un sol mort, traité aux engrais chimiques, qui dans le cas de ce millésime avec une sécheresse importante qui dure depuis 3 mois, nécessiterait une irrigation artificielle.

On voit bien que dans le choix d’une agriculture chimique ou biologique, se joue aussi le choix d’une dépendance ou d’une autonomie de l’agriculteur face à l’industrie. L’utilisation d’engrais minéraux chimiques nécessitent une industrie qui les fabriquent, puis un arrosage qui lui aussi nécessite un matériel industriel très onéreux qui apporte l’eau et les minéraux aux racines. Cercle infernal qui n’est pas sans rapport avec les problèmes financiers d’endettements endémiques que subissent nombres de fermes.

C’est aussi un choix philosophique, mais lui… il est trop long à expliquer !