Le clos des Joualles est en pleine floraison. C’est un moment magnifique…

3 semaines avant la date habituelle… elle est en avance sur son temps ! Le temps est chaud pendant la journée et froid la nuit. C’est propice à l’oïdium… et à des perturbations florales. J’ai décidé de faire un poudrage de soufre fleur pour créer un environnement favorable aux inflorescences. J’utilise une petite poudreuse assez efficace

J’avoue moi-même préférer poudrer que sulfater, manier un pulvérisateur avec ses centaines de litres d’eau... Comme on le voit sur cette photo, nous avons décidé de ne pas tondre l’herbe avant la fin de la floraison et cela, pour donner le maximum de chance à la pollinisation. Toutes ces fleurs naturelles qui attirent tant d’insectes créé une activité débordante. La vigne se trouve envahie d’une multitude d’insectes. Lorsque l’on travaille à la vigne, on ne se sent pas seul… !

Cela fait une vigne assez éloignée du terrain de golf, n’en déplaise à certains, je préfère cette explosion de vie au décharnement d’une vigne gazonnéïfiée… et je ne parle pas des vignes napalmées ! Une fois la fleur passée, nous broyons l’herbe dans toutes les vignes. Le foin lorsqu’il est mur à une tendance à développer de la cellulose. En recouvrant le sol de cette tonte, l’activité organique se multiplie pour décomposer la matière organique. L’intérêt pour le vigneron de la cellulose est que c’est un « sucre pas trop rapide ». La tonte de l’herbe verte a tendance à donner un coup de fouet azoté et souvent à ne pas fabriquer de l’humus. Au contraire la cellulose et la lignine (bois) produisent de l’humus sur un sol vivant, et cet humus est un garde mangé qui met à disposition la nourriture progressivement. Le développement de la plante est plus doux et plus harmonieux.

La poudreuse projette le soufre fleur sur les pieds ce qui provoque une sorte de brouillard bienfaisant. Les capuchons floraux sont enlevés ce qui permet de bien aider la floraison. Le soufre a une grande importance dans le métabolisme de la plante et sur le sol. Il aide à transformer l’azote en protéine, et il a un rôle catalyseur sur le fer et le manganèse. On connait le fameux pont calcique qui voit le calcium reliant l’humus et l’argile pour former le fameux complexe argilo humique si important en viticulture. Le fer peut avoir le même rôle que le calcium à condition qu’il soit rendu disponible, qu’il ne soit pas bloqué dans le sol… et c’est là que le soufre intervient.