De la barrique à l'amphore
Par marc Dalbavie, samedi 2 avril 2011 à 00:26 :: Données techniques des vins :: #191 :: rss
Aujourd’hui, il a fallu soutirer le Petit Manoir 2009 élevé en amphore pour pouvoir le mettre dans des cuves avant la mise en bouteille. Les amphores ont donc toutes été sorties une fois vidées de leur précieux nectar.

Sur la gauche, les trois nouvelles amphores sont mises en eau avant d’y mettre le Petit Manoir 2010.

Les autres vont être nettoyées à la vapeur puis à l’eau chaude sous pression pour pouvoir y mettre aussi le Petit Manoir 2010. Nathalie s’est chargée de ce travail assez difficile et prenant

Chaque amphore doit repartir dans le chai parfaitement propre et désinfectée. Le tartre accumulé par l’élevage du 2009 doit-être enlevé. Avec lui, les problèmes microbiens et l’obturation des « pores » de l’argile vont être résolus. La vapeur décolle le tartre et désinfecte, avec ses 100°, les parois. Le tartre, si il n’est pas enlevé, fini par faire une sorte de couche étanche, cristallisée et donc enlève à la « peau d’argile » ce qui fait son atout : la respiration. Cette capacité de faire une micro oxygénation naturelle, sans l’aide d’un cliquer, est essentielle dans la part d’élevage du vin. Le résultat est impressionnant. Une souplesse et un fondu exceptionnel. Une tendance à l’évaporation plus importante que pour la barrique de chêne, sauf durant certains changements de temps où le vin, par forte pression atmosphérique, avait tendance à ressortir de l’amphore… pendant qu’à d’autres moments, il perdait une part importante de sa substance aqueuse qui s’évaporait par les « pores ». L’aspect ovale des amphores qui les fait plus penser à des dolias qu’à des amphores, permet lors des changements climatiques de provoquer des mouvements circulaires et ascendants des lies ? Mouvements propices à l’expression des arômes… et tout cela sans effort, c’est le temps qui par les différences de pressions, bâtonne le vin. Ce qui m’intéresse aussi, c’est l’oxydo-réduction du vin… et ceci sans travail de l’homme. La nature fait son travail, l’homme ne prend qu’un décision… le jour du soutirage, en fonction de la dégustation. Bref au moment où la souplesse est la plus parfaite. Il y a donc une similitude avec une bonne barrique en chêne. Les deux seules points qui de mon point de vue, divergent : un porosité plus grande de l’argile et donc un élevage plus court (Petit Manoir 2008 : 18 mois de barrique, Petit Manoir 2009, 10 mois d’amphore), l’apport d’aucun arôme (vanille, torréfaction…) extérieur au vin pour les amphores.
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