Echappant aux bourrasques de neige qui se sont abattues sur l’Angleterre et sur le nord de la France, j’ai pu enfin arriver en Périgord par l’avion du retour. Le plaisir d’avoir déambulé dans Londres a été vite remplacé par celui de revoir les vignes d’Aquitaine. Gatwick et Heathrow fermés pour cause d’enneigement, l’Angleterre n’avait pas vue tant de mauvais temps depuis des lustres, la peur que Stansted rejoigne les autres aéroports... Heureusement, tel n’a pas été le cas. Ici, en Dordogne, nous sommes épargnés par le déchainement de ce linceul blanc. Mais le froid glace nos doigts et il faut absolument finir les labours. La réalité du travail agricole qu’il me faut accomplir efface les quelques jours d’insouciance citadine. En attendant, je remplace Nathalie dans les tâches œnologiques. Le vin de presse du Petit Manoir a été mis dans une demi-muid bourguignonne de chez .Rousseau

Nous maintenons la température du vin à 19° environ pour que la FM (fermentation malolactique) se fasse : d’où un thermoplongeur engagé par la bonde. Une fois enlevé, j’introduis un bâton en bois pour pouvoir remuer les lies pour les laisser en suspension dans le vin.

Cette opération que l’on appelle le bâtonnage combiné avec une oxygénation, a pour effet de capter des parfums supplémentaires et surtout de donner du « gras » au vin. Grâce à l’absence de sulfites et une chaleur tiède, l’oxygène se combine très bien avec les matières contenues dans les lies. C’est un processus important dans la période d’élevage.

L’important est de ne pas laisser les lies se déposer et ainsi prendre des « mauvaises odeurs ». Il faut beaucoup d’attention pour faire un bon vin… le raisin ne vous donne que ce que vous lui demandez !