Après 32 jours de cuvaison, nous nous sommes décidés à écouler le Petit Manoir et les Joualles. Barbeyrolles est fait depuis une semaine. Ce matin, lever 6h00, ouverture du chai et préparation du décuvage de la première cuve,

il pleut sans discontinuer depuis plusieurs jours. Impossible d'aller sur les terres, le labour n'a pas été fait... tant pis, il faut de toute façon séparer le vin du marc et le préparer à faire sa fermentation malolactique... la FM comme on dit. Après un pompage du vin pour le mettre dans la cuve de soutirage (voir photo), on fini d'écouler à la bassine, tout doucement,

Le jus qui s'écoule est le resultat de la première pression, celle du poids du marc qui dégorge le vin naturellement. C'est un liquide interessant qui arrive, particulièrement bon... on ne veut pas le gacher. Puis vient le moment très physique du décuvage, on ouvre la porte qui était fermée depuis les vendanges, pour extraire les parties solides.

L'ouverture est un moment émouvant. La cuve semble avoir gardée le secret de la fermentation qu'elle a abrité depuis 1 mois. C'est comme si l'on ouvrait la porte d'un trésor... la première chose que je fais est de regarder le marc et de sentir les peaux ainsi exposées. Il ne faut aucune mauvaise odeur pour décider de presser le marc. Par les parfums que l'on découvre, c'est comme un voile qui se lève sur ce que sera peut-être le vin. J'ai souvent remarqué que le marc pouvait indiquer les vins futurs... c'est lire dans le marc du vin. Un moment particulièrement important. Aujourd'hui, j'ai senti de la framboise, du café et de la cerise. En tout cas le marc est parfait pour être pressé... aucune trace de mauvaises odeurs: piqûre, volatiles et autres plaisirs acides.

On avance lentement avec une pression continue, régulière et douce... enfin douce, au bout d'un moment l'étreinte... à 100kg de pression... finit par ne plus être douce... pour le marc, bien sûr! Enfin... la passion laisse passer tant de choses... celle du vin bien entendu. Le vin de presse est constamment goûté et mis dans une deuxième cuve. Il sera traité différemment du vin de goutte et réintégré dans le vin au moment des assemblages et dans une quantité qui sera choisie dans le but d'un équilibre recherché. Le reste, s'il y en a, sera ajouté à une autre cuvée. Demain on continue les écoulages, décuvages... puis après, peut-être que le ciel nous permettra de revenir à la terre.