dimanche 30 mai 2010
Vignes des enfants suite...
Par marc Dalbavie, dimanche 30 mai 2010 à 12:53 :: travail de la terre
Antoine et françois ont décidé, profitant du beau temps, de passer les griffes dans leur carré de vigne. Il a fallu sortir le vieux cultivateur à cheval.

Il y a une chose que l'on oublie bien souvent, c'est que le matériel ancien a continué d'être employé lorsque l'on est passé du cheval au tracteur. Il a fallu plusieurs dizaines d'années avant d'obtenir une large gamme de matériels adaptée au nouveau moyen de traction. Dans le petit carré de vigne, aucune "machine" du Domaine ne peut entrer dans les rangs qui sont très étroits. C'est pourquoi on est obligé de réutiliser les vieux outils que l'on attele au Kubota, petit tracteur 4 roues motrices, utilisé au jardin. François décide de ne pas conduire le tracteur, mais de "griffer" lui-même le sol.

C'est le moment idéal pour faire ce travail du sol. Il a beaucoup plu il y a 10 jours, le sol est ressuyé, il fait chaud et sec, la terre se laissera encore faire pendant 2 ou 3 jours... après... soit il pleuvera soit le sol sera trop dur.

Une fois dans le rang, celui qui tient la charrue doit peser de son poid et surtout rester bien au milieu, la charrue ayant tendance à se déporter à chaque pierre rencontrée.

François montre beaucoup de maîtrise pour un jeune apprenti et Antoine manie le tracteur avec habileté et précision... le moindre écart et l'engin écrase le rang de vigne... certes la vitesse est à peine celle d'une tortue... mais il ne faut pas relacher l'attention. Le travail se fait parfaitement bien, et le sol s'oxygène et se "nettoie" avec beaucoup de facilité

C'est le secret d'un bon travail viticole, surtout avec l'argile, il faut le faire au bon moment... et François ne s'était pas trompé.. il fallait le faire maintenant

Sur un autre inter-rang, on a décidé de semer un engrais vert (ici du blé du domaine). En le broyant on n'aura peut-être plus besoin de travailler le sol avec la charrue...

... les plantes le feront à notre place... on fera le point après les vendanges. En attendant, par cette chaude journée de Mai, deux enfants ont voulu se rapprocher de la terre et renouer avec de biens vieilles pratiques qui demandent l'engagement du corps et le dialogue avec le vent. Point de produits chimiques faciles, point d'outils automatiques qui placent le vigneron plutôt dans une cabine de pilotage d'avion, que proche de la terre qu'il pourtant travaille. Ces deux enfants ont décidé que leur regard qui porte l'avenir, se nourrit d'une vieille image perdue... comme si elle ne cessait pas de les pousser de l'avant.











