vendredi 5 mars 2010
Les migrations
Par marc Dalbavie, vendredi 5 mars 2010 à 19:37 :: SAISONS
Hier le troisième vol d'oies sauvages est passé au dessus de la vigne

cela veut dire que le printemps est en train d'arriver progressivement. Ce n'est pas le calendrier qui me l'indique, mais bien la nature, qu'il faut observer. Cela ne veut pas dire que nous n'aurons pas des gelées... d'ailleurs, hier c'était la Saint-Adrien et ne dit-on pas "Pour la Saint-Adrien, la glace revient", or il a fait -1° cette nuit et on prévoit des -4° à -6° pour les nuits qui viennent.
Pour ce qui est de la taille, Barbeyrolles est presque fini, il nous reste Les Joualles à faire. On va commencer sans-doute jeudi... il faut finir pour fin Mars. Aujourd'hui, j'ai épandu du guano sur les plantations pour leur donner un coup de pouce. Puis de la farine de plumes pour une partie marneuse, c'est à dire un argilo-calcaire très riche en calcaire actif. C'est un endroit où la vigne se plait bien grâce à un hydratation régulière, la marne étant un bon régulateur hydrique, mais l'inconvénient est que le calcaire actif, peut avoir pour conséquence de bloquer des oligo éléments, particulièrement le fer et le manganèse. Il faut donc bien surveiller cette parcelle, et s'en occuper en acidifiant le sol par des engrais verts et l'apport de soufre et de plumes de volaille.
Je viens de finir l'apport de lithothamne, de gypse, de roches basalmiques et de roches dolomitiques sur une partie où le sol est légèrement acide dû à la présence d'une roche calcaire dont le calcium a été déjà consommé par les plantes qui sont dessus. C'est un sol que l'on dit "ancien", il faut donc redynamiser le sous-sol pour que le calcium qui se trouve plus profondément emmagasiné dans le calcaire soit de nouveau décomposé et ramené à la surface grâce à la multitude de petits animaux (bactéries, vers de terre, champignons, insectes...) qui travaillent dans un sol non abimé par l'agriculture chimique. C'est ce que l'on appelle le chaulage qui se fait généralement avec de la chaux, c'est à dire du calcaire cuit à très haute température, puis épandu sur le sol. En agriculture biologique on chaule préférablement avec du calcaire brut (dolomite ou gypse ou marne), les micro-organismes du sol faisant le reste, mais pour cela il ne faut pas employer de pesticides qui tuent tout ce petit monde qui est constitué par autant de "bras vigoureux" au service du paysan qui sait les employer. Le calcium (carbonate de calcium) va ensuite sous l'effet de l'eau et de tout le mécanisme naturel se transformer en bicarbonate de calcium, ce que nous recherchons dans notre cas. Ainsi, l'action sur le sol et sa structure sera durable, certes moins rapide qu'en utilisant de la chaux, mais bien plus efficace à long terme, et beaucoup moins cher. Pour le Petit Manoir, les première analyses sont intéressantes, les amphores fonctionnent. Le ouillage est plus fréquent au début et il faut surveiller les volatiles car l'oxydation est plus intense que dans le chêne. Il a fallu rectifier le SO2 pour éviter tout accident... on est dans un milieu très peu confiné et l'échange avec l'extérieur est plus actif. Le vin est vivant et il faut s'en occuper comme avec un enfant... particulièrement si on n'utilise pas de moyens modernes de "sécurisation". Tout est affaire de sensibilité... et de vigilence. J'avoue que cela ne va pas sans un petit stress... mais que ne ferait-on pas pour notre enfant!