Rats des villes, rats des champs
Par marc Dalbavie, mercredi 23 décembre 2009 à 13:10 :: Humeurs :: #133 :: rss
C’est toujours un étonnement de visiter New-York. Cette ville ascensionnelle qui produit une impression à la fois d’écrasement tant on se sent petit, et d’aspiration ascendante, à force de regarder vers le ciel. Jamais une ville m’oblige à autant basculer ma tête en arrière. La sensation est d’ailleurs étrange car c’est un vertige à l’envers qui me nargue. J’ai plusieurs fois failli tomber en contemplant sur le trottoir les vertigineux gratte-ciels. Comble du ridicule ! Et pourtant, tout à l’air de s’inverser dans cette ville issue d’un imaginaire de science fiction. L’ostentation du luxe voisine avec l’invention géniale. C’est la cupidité qui cousine avec la créativité… mariage d’un nouveau monde. Tout est artifice à commencer par les arbres dont les feuilles tombées sont remplacées par des bourgeons lumineux... le printemps artificiel

Les immeubles sont devenus lumières…

et pourtant la ville lumière, n’est-ce pas Paris ? Un passage à 67 Wine pour acheter quelques bouteilles… « du nouveau monde » bien sûr !

Puis un tour à Sonoma William, pour le plaisir de voir un des plus beaux étalages d’ustensiles de cuisine…

et de pianos dont un superbe Lacornue, ici,

bref le rêve d’un amateur de cuisine et de bons plats. Qui a dit que les américains se foutaient de la bouffe ? Après quelques dîners chez des amis et quelques restaurants visités… il me semble évident que l’Amérique s’est largement plongée dans le monde de la gastronomie. Cet Art de vivre, typiquement français, italien, japonais ou même chinois, est devenu américain. Dans le prochain blog, je rendrai compte d’une dégustation de vins « milieu de gamme » comme on dit… dont le niveau de qualité peut inquiéter certains vignerons peu consciencieux de notre vieux pays. Je n’ai pas voulu seulement rester à New-York même mais aussi visiter une ferme… déformation d’un viticulteur qui ne peut se passer de campagne. Au Nord de la ville se trouve la ferme de Stone Barns : qui alimentait la famille Rockefeller en produits frais.

Certes, c’est l’hiver et la neige se préparait à tomber, le ciel était bas, pas de soleil à l'horizon,

mais l’organisation de cette ferme en agriculture biologique est impressionnante. Les bâtiments ont l’air d’être inspirés par les cloîtres des abbayes chrétiennes.

La nature redevenant source de sacré. Une vigne en haut des parcelles de légumes produisait autrefois du vin.

Maintenant, seul les raisins de tables sont cultivés. Napa et Sonoma ont brisé l’ancienne treille.

Dans le bâtiment principal se trouve un restaurant 3 macarons, alimenté entièrement par la ferme.

Comble de l’exception culinaire dans le pays des flux tendus et des imports/exports, le restaurant au milieu de sa matière végétale originaire comme le château viticole au milieu de ses vignes. Quel contraste avec la ville voisine ! L’Amérique a plusieurs visages… comme toujours nos préjugés simplifient tout.
Commentaires
1. Le vendredi 3 septembre 2010 à 17:41, par George Bush
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