De la bio... ?
Par marc Dalbavie, jeudi 26 novembre 2009 à 23:06 :: Humeurs :: #129 :: rss
Je reviens tout juste d'une journée technique à Monbazillac, organisé par Agrobio Périgord et l'ITAB (institut technique de l'agriculture biologique).

La salle de conférence était pleine... avec les stars de la vitibio du Bergeracois... et deux paysans du Périgord noir (j'ose à peine dire deux croquants!), Guillaume Brujon des vins de Domme et moi-même. Sur la scène, des conférenciers venus des 4 coins de l'Europe, et bien sûr Gérard Ducerf... l'incontournable détecteur des carrences du sol à travers les plantes. L'après-midi, Xavier Langlet (ministère de l'Agriculture), chemise sombre, veste noire, pantalon noir, chaussures noires, regard noir, cheveux style coupe commando est venu nous expliquer que les PNPP (purins d'orties...) étaient tolérées (le décret du ministre était dans les "tuyaux") et que seules les molécules homologuées étaient autorisées, sinon... délit... silence! + invectives d'un viticulteurs faisant des purins... consternation de l'assemblée et reproches de la modératrice à l'encontre du paysan... comme quoi nous étions civilisés et que l'on ne pouvait pas accuser sans preuve le Ministère de connivence avec les labos phytos! Vous voyez l'ambiance... et moi qui rêve de nature au fond de mon Périgord noir, au milieu de ma vigne qui est au milieu de nulle part...
Ensuite, le Pr Cedric Bertrand (labo de chimie des biomolécules, Université de Perpignan) nous a démontré que les prêles utilisées en viticultures bio étaient toutes différentes, et que l'on n'était pas sûr d'avoir un approvisionnement stable et homogène... que les décoctions elles-mêmes n'étaient pas stables et changeaient totalement de composition d'un jour sur l'autre et que l'on ne savait pas l'action réelle qu'elles avaient sur le vignoble... et que l'on avait pas le temps de faire les recherches... ni l'argent!... sic.... et snif!

Gwenaëlle Le Guillou nous a démontré que les coûts de production en viticulture faisaient qu'on ne pouvait que s'appauvrir... merci, on sait... et peut-être que ceci (les coûts) explique cela (pas d'argent pour la recherche)... heureusement qu'il me reste assez de vin dans mes cuves pour éviter la déprime... par l'ivresse bien sûr! Georg Meissner, tout droit venu d'Allemagne, nous a fait part de la force de frappe allemande quant aux recherches sur la viticulture bio: Labo de l'Université de Gesenheim orienté sur un programme à long terme!!! avec une dizaine de chercheurs plus un floppée de thésars... des liens avec des centres d'étude un peu partout en Europe... un protocole scientifique rigoureux, plusieurs hectares de vigne à leur disposition, des machines en imagerie pour les analyses... ouf! Arrêtez le massacre... le chercheur français à ma gauche venait juste de garer sa trottinette!.. il a fallu que je le réanime et le Professeur Bernard n'a toujours pas d'argent pour étudier la prêle. La fin de la journée s'est terminée par l'exposition par Monique Jonis du futur cahier des charges européens pour la vinification bio... et une belle foire d'empoigne entre ceux qui veulent tout interdire sauf le jus de raisin et ceux qui veulent presque tout permettre sauf le DDT! Suivi d'un débat sur le soufre.... je n'en dit pas plus!
Heureusement qu'il y avait la matinée avec mon ami éric Maille, le grand Gérard Ducerf et un italien passionnant Enzo Mescalchin... mais je vous en reparlerai plus tard.
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