Racotage
Par marc Dalbavie, lundi 23 novembre 2009 à 11:31 :: SAISONS :: #128 :: rss
Samedi, après une semaine de "beau temps", la terre était prête pour racoter et chauler avec du lithothame et de la dolomie (bio oblige). Il a fallu faire vite car la pluie revient et si elle dure jusqu'au printemps! voire jusqu'à l'été!! Surtout que le lithothame gagne à être épandu à l'automne. C'est une sorte de fumure. Le sol actuellement est en pleine activité; combinaison de chaleur et d'humidité. C'est le moment pour qu'il s'intègre bien à la composition du sol avant les gelées d'hiver, et qu'il soit prêt pour le printemps. Pour le racotage, c'est pareil avec toutefois un petit risque: si il fait trop chaud les bourgeons vont vouloir sortir... et le gel les "sèchera". Mais si tout se passe bien, le démarrage est beaucoup plus fort et durable qu'avec une plantation de printemps. Et l'été, il a plus de racines et se bat mieux contre la sécheresse. Cela dit... c'est aussi très risqué. Rien n'est parfait, je dois dire que la perspective de travail et d'hystérie printanière, m'a décidé à racoter maintenant. C'est toujours une opération que je n'aurai pas à faire.
La "famille" s'est donc décider à se réunir...

Le ciel était magnifique. Dans la parcelle de cabernets francs, il manquait des pieds qui à la plantation n'avaient pas démarré ou avaient avorté. Cela arrive, surtout après un été trop sec ou un petit coup de gelée en Avril! Cela ne pose pas de problème si c'est fait assez rapidement, avant que les racines des autres n'est trop envahies la parcelle. Le seul problème c'est qu'il faut faire des trous pour chaque plant!

Mika grâce ou à cause de son jeune âge, a joué de la barre à mine. Il a bien dormi la nuit suivante. Papi Jean-Guy, lui s'est occupé de mettre l'engrais (bio... guano)

et les plants

Je trouve toujours émouvant, la plantation d'un végétal. La rencontre d'un individu et d'une terre, les racines qui vont se déployer, les pampres avec leurs feuilles qui vont aller vers le ciel pour y puiser l'énergie. Tout cela à partir de ce tout petit pied

un étourneau avait décidé de nous accompager, blotti dans un sillon

Quel bel oiseau... mais aussi quel voleur de raisin... la hantise du vigneron. Autrefois, les domaines bordelais payaient des gitans pour garder les vignes juste avant les vendanges. Il les protégeaient des étourneaux principalement et des geais: un oiseau encore plus magnifique que l'étourneau, qui a un vol rasant dans les vignes et qui est aussi un gros gourmant. Il fait, néanmoins, moins de dégats car il ne vit pas en groupe. Pour le Domaine, nous avons opté pour faire appel à un fauconnier. Dans le besoin, il est prêt à venir avec son faucon, et à le faire tourner au dessus de la vigne. Les oiseaux en ont une frayeur qui les fait fuir pour longtemps. Nous n'avons encore jamais eu recours au faucon... si cela devait se produire, l'année prochaine, je vous promets de vous faire partager la "chasse" au faucon.
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