Domaine de la Voie Blanche

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dimanche 31 mai 2009

FLORAISON

Voilà, la floraison commence à envahir le merlot, le cabernet franc et le bourdalès

Les inflorescences explosent dans toutes les parcelles. Les plantes sont comme nous, il suffit qu'une d'entre elles se décide pour que toutes les autres, dans un élan collectif irrésistible, emboitent le pas. Nous arrivont déjà à 1/4 de la vigne dans un état de fébrilité pollenisateur...! Les abeilles sont là... avec ces fameux frelons asiatiques qui débarque en Périgord et que nous pourchassons à coup de piège, de bière brune et de sirop. Très étonnament, le vin en barrique est en train de changer, comme si la fleur envoyait des messages imperceptibles au vin pour lui rappeler sa filiation. On n'a pas fini de découvrir des interactions dans la nature, incompréhensibles par nous... savants et aveugles! Il y a une petite histoire de Fukuoka que j'aime toujours à me rappeler: c'est l'histoire de l'aveugle et de l'éléphant... un aveugle touche la trompe d'un éléphant et croit que c'est un serpent! puis il touche son pied et croit que c'est un arbre! no comment!

samedi 30 mai 2009

Ce blé que m'apporte ma vigne

Mais non, je ne veux pas parler d'argent... d'ailleurs la vigne n'en apporte pas beaucoup. Mais par contre, dans la recherche de la bio diversité, du paysage et de la sauvegarde d'une vieille tradition périgourdine, nous avons tenu, au Domaine, à conserver des restes de la technique des Apallus. Technique qui consitait à alterner vigne, fruitiers et blé... et quelquefois, pommes de terre! Notre apallu de pommiers a d'ailleurs été replanté sur l'ancien apallu de ce fruit dont deux vieux arbres témoignent de son existence. Dans cette photo on distingue bien cette ancienne technique

Au domaine on est officiellement conservateur d'une ancienne variété de blé: le blé rouge dont la farine très panifiable, produit des goûts et des saveurs dans le pain, tout à fait exceptionnels. Pas besoin de levure chimique pour faire monter ma pâte, un bon levain naturel... et le tour est joué. C'est jean qui sème le blé, rappelez vous après les vendanges:

après un labour avec "façons inversées" bien entendu, bio oblige, jean avait semé le blé à la volée

image fantastique d'un geste qui plonge ses racines dans la nuit des temps! Jean sourrit d'ailleurs sur cette photo car j'avais essayé de le faire avant lui... et je dois dire que mes graines se répartissaient en bandes semi circulaires à la manière d'un marquage au sol pour le tir au javelot! Jean m'avait montré pourtant... vengeance de l'expérience sur la méchanisation. Au mois de Décembre le blé avait bien poussé

et bien voici où il en est aujourdhui

magnifique, non? Semé à la main sans aucun engrais ni pesticide...! On remarque l'apallu de pommiers! En fait le blé est en train de faire sa floraison

les épis de Rouge sont très beaux... ils ne prennent leur couleur brune, qui leur a donné leur nom, que vers la fin Juin. Les variétés actuelles sont très différentes de celle-ci. Elles n'ont qu'une très petite tige car on a moins besoin de paille de nos jours, et leurs épis sont beaucoup plus grands et plus productifs avec quelquefois une 'barbe", qui les empêche d'être mangés par un quelconque animal. Aujourd'hui, d'ailleurs, les foins battent leur plein

Cette année il est très beau, bernard, producteur de lait et ami, vient tout juste de le couper. Tout cela ajoute à la bio diversité une touche un peu archaïque face aux mers de vignes que l'on trouve dans le Médoc!... à la mono culture... symbole de la modernité... et du progrés.

mardi 19 mai 2009

sarclage

Aujourd'hui le temps étant beau, le sarclage de la vigne est devenu une urgence. Il faut maintenir le sol le plus propre possible. Cela ne veut pas dire qu'il faut tout desherber, çà c'est du jardinage parcs et jardins, un peu d'herbes folles permettent des échanges avec la vigne et un maintient de l'activité biologique, il faut apprendre à avoir une vigne "un peu sale", c'est pas très esthétique, mais c'est très écologique! Néanmoins, il ne faut pas se laisser gagner par l'herbe et en bio on n'a pas le choix: il faut sarcler. Soit avec une décavailloneuse, soit avec un roto-griffe; ce qui est mon cas. Or, c'est la nature de mon sol qui me dicte le moment d'intervenir, car l'argile est capricieux, il fait du bon vin, mais il ne se travaille pas n'importe quand. Il doit être ni trop humide, ni trop sec. Aujourd'hui et demain, c'est idéal car nous avons eu plusieurs jours sans pluie, le sol est parfait et la chaleur va permettre de tuer les herbes qui seront arrachées par le sarclage. Si nous avions prévu d'autres choses.... que nenni, il faut tout laisser tomber pour le sarclage... les pluies de l'année dernière nous avaient empêchés de faire correctement le travail, cette année nous ne voulons pas nous laisser dépasser.

Voilà mon engin lunaire attelé au Massey, prêt à attaquer le rang, et pour cause

l'herbe gagne du terrain, si l'on ne peut pas intervenir pendant 3 seùaines à cause de pluies incessantes, les vignes se retrouveront dans du foin.

Il faut une machine particulièrement solide et bien réglée car elle doit sarcler en évitant de toucher les pieds de vigne et de les arracher.

Dans un sol plein de cailloux, la solidité est primordiale, fiabilité, précision et solidité... voilà le secret! Mais je dois dire que seul l'homme avec sa sarcleuse manuelle répond à ces trois critères. Pour les machines, il faut avoir une bonne caisse à outils... il y a toujours de la casse. Aujourd'hui, j'ai cassé le ressort du bras droit... vite réparé, j'ai utilisé le bout de ressort qui restait... pas le temps d'aller faire les courses, système D, je verrai çà plus tard. Il faut courrir derrière la météo, car demain, au programme, labour d'un rang sur deux et traitement le soir... il parait que des orages guettent le Périgord, alors!

Ouf! j'ai tout terminé. L'outil est rangé dans la grange. La prochaine intervention sous le rang sera un cavaillonage avec une vigneronne: les 4 façons comme on dit... et ceci avant la fleur... avec le rrrrrrrrrr qui roule! Promis Jean, je cavaillone en Juin.

dimanche 17 mai 2009

ébrouage, broyage...

C'est un moment d'intense travail à la vigne, après l'attachage des plantations fini, il nous faut broyer l'herbe qui pousse partout. Malgré plusieurs desherbages sous le rang de vigne fait en Mars au roto-griffe, l'herbe semble ne pas être d'accord avec nous et souhaite ardemment se réinstaller là où nous ne voulons pas qu'elle s'installe...! Ah, le bio... c'est une belle idée mais pour le désherbage en période de pluie au printemps... une envie de chimique nous démange...?! Demain on essaye le désherbage thermique. Cela semble efficace, mais bien sûr il ne faut pas avoir trop d'herbe, sinon! L'épamprage ou ébrouage devrait commencer mais il faut que je teste le thermique, alors... cela attendra. Pas trop bien sûr, car maintenant les pampres sont faciles à casser... dans 3 semaines ce sera une autre affaire, d'autant que les pampres sont souvent éfficaces pour les primo infections du mildiou! donc danger!!! En plus il faut traiter la vigne car les maladies commencent leur pression. D'ailleurs, il y a des champignons dans les bois... le mildiou devrait faire parler de lui très bientôt. Pour le traitement: purin d'ortie avec un peu de cuivre (homéopathique) et du soufre... toujours avant et au plus près d'un épisode pluvieux, jamais après... avis aux jardiniers pour les tomates, faites pareil. Si vous traitez à la bouillie bordelaise, mettez le 1/5 de la dose préscrite sur votre boite Bayer ou autre, et pulvérisez juste avant une pluie de plus de 5 litres au m2. Il vaut mieux plusieurs interventions à petite dose avant chaque pluie qu'une grosse dose n'importe quand et n'importe comment! sic! Pour la vigne c'est pareil... je l'ai déjà dit. Pour les tomates on peut se contenter d'un semis d'oeillets d'Inde au milieu de vos solénacées. Ca marche très bien à condition de ne pas faire de plaies à la plante par la taille des gourments. Pour le palissage privilégiez un cylindre de 1 mètre de diamètre en clôture à mouton. Plantez la pied de tomate au mileu du cylindre et paillez. Puis, ne faites plus rien avant la récolte qui sera abondante avec de belles tomates mûres! Et oui le bio a du bon, on n'abime pas la plante, on perd pas de temps avec le palissage, on arrose pas.. bref on laisse la tomate se développer toute seule... et on peut faire des siestes! Qui dit mieux? Nous? On n'a pas encore planté nos tomates, elles attendent dans leurs pots... après les saints de glace, c'est-à-dire maintenant! Mais il faut tester le thermique, ébrouer, traiter....! Sans oublier la mise en bouteille d'Alba qu'il faut prévoir, et .... 200 piquets d'acacia à planter dans la plantation de cabernet franc et 500 échalas dans celle du Bourdalès... avec les fils bien sûr... sinon ce serait moins drôle. Bref, le printemps, pas le temps de penser aux amourettes... les oiseaux s'en chargent d'ailleurs, ils chantent comme à l'opéra... moins le chef d'orchestre. La musique des oiseaux le matin à 5h30... c'est tout simplement splendide. On a envie, comme St François d'Assise, de connaitre leur langage... euh, plutôt non... on préfère ne rien comprendre..; qui sait si derrière leur magnifique chant se cache, comme à l'opéra, des paroles d'une trivialité... affirmée. La beauté vaut mieux que la vérité!

jeudi 14 mai 2009

Le Domaine de la Voie Blanche à Vinexpo OFF

Cette année nous avons décidé de nous unir avec d'autres vignerons pour partager un moment ensemble dans un château bordelais de la région des Graves. Point commun: nous sommes des vignerons blogueurs! Vinexpo 2009 : Nous serons donc présents au Off des vignerons blogueurs le 22 juin au Château Luchey-Halde Pour tout renseignement:http://blogsetvignerons.over-blog.com

Nous vous y attendons... venez nombreux!

vendredi 1 mai 2009

beau ou pas beau

Alexis Litchine, dans son Encyclopédie des Vins écrit que les régions viticoles produisant des grands vins sont en général dans des paysages plutôt laids! Alors que dire des paysages de Maury, Tautavel et Vingrau?

n'est-ce pas un paysage splendide? un démenti cinglant à la morgue bordelaise? Certes, le Médoc n'est pas à proprement parlé un paysage magnifique... c'est sûr... mais pourquoi généraliser à toute région viticole? L'Alsace n'est elle pas belle, et la Bourgogne, la Loire, la Vallée du Rhin en Allemagne ou le Piemont avec les Barolos. Comment peut-on écrire de pareilles niaiseries. Ah oui! là ou l'on produit les GRANDS VINS... dans le Médoc bien sûr! Je suis bête!