Premier traitement
Par marc Dalbavie, dimanche 26 avril 2009 à 18:19 :: travail de la terre :: #94 :: rss
Après un long silence dû à des voyages et à une activité viticole intense, me voici revenu à la faveur de pluies abondantes. La semaine dernière était particulièrement chargée dans la vigne grâce au soleil et à la chaleur.... magnifiques auxiliaires pour le desherbage et l'aération des sols. En effet, en viticulture bio, on n'utilise pas de desherbant chimique, on arrache l'herbe pendant que le sol est encore frais et humide sans être mouillé et on compte que le soleil et la chaleur tuent les végétaux ainsi laissés à terre. Sur l'argile la marge de manoeuvre est étroite, il ne faut pas que le sol soit trop sec, et il faut du soleil....! Compliqué! non? Si l'on rate cette fenêtre d'Avril, cela peut repousser le travail à mi-Mai! voire plus tard... les herbes étant mieux installées et plus dures à arracher, voire impossible. Il ne faut donc pas rater le moment et saisir sa chance quand la nature le décide. Il a fallu donc foncer et passer les roto-griffes. Puis, c'était le moment pour semer le couvert végétal un rang sur deux avec passage de disques pour bien mettre les semences en contact avec le sol tout en créant un coussin d'air (particulièrement efficace pour la fertilité). Le semis que j'utilise est un mélange de fétuque rouge et de ray-grass anglais, très bon indice de portance pour supporter les passages du tracteur, et bons régulateurs hydriques. A cela j'ai rajouté du trèfle blanc... une légumineuse intéressante pour amener un peu d'azote et autres bonnes choses, par les fauches successives... l'engrais vert culte de Fukuoka. La pluie arrivant vendredi, il fallait finir tout ces travaux avant... plus faire le premier sulfatage avec un peu de bouillie bordelaise, du soufre et un chouilla de manganèse... tout notre coteau en manque... tout ça à dose homéopathique. On a sortie donc le pulvérisateur de la grange, pour la première fois de la saison, début d'un long processus qui se terminera en Août.
une habitude qu'il faut reprendre... puis on a disposé des pièges à insectes ravageurs de la vigne; cochylis, eudémis, cicadelle verte, cicadelle de la flavescence dorée... toutes ces petites bêtes qui sont si jolies à regarder mais qui créent tout de suite sur le vigneron... une situation de stress indescriptible.
grâce à deux pièges, je pourrai compter la population de ces insectes dans ma vigne et décider des intervention en connaissance de cause. Il n'y a jamais eu d'insecticide au vignoble du Petit Manoir, et je tiens à ce que cela continue... il faut donc parfaitement connaitre ce qui s'y passe au niveau de toute cette faune. Chaque espèce d'insecte a son propre développement avec des moments de pullulation qui sont différents. C'est toute ces différentes "temporalités" qu'il me faut maîtriser. En plus de cela, tous mes comptages sont envoyés dans une antenne de veille au sein d'Agrobio Périgord. Ainsi, tous les autres vignerons peuvent profiter des observations de ceux qui participent au programme de comptage. C'est une sorte de solidarité... toujours stimulante. Et oui, il ne faut pas que planter et arroser pour qu'une plante prospère. Il lui faut des soins particulièrement bien adaptés car la plante que l'on utilise pour produire de l'alimentation n'est pas dans les même conditions que celle qui est sauvage. Elle est comme un sportif... elle a donc besoin de beaucoup d'attention... et d'amour d'une certaine manière. Un amour intéressé me direz-vous?... peut-être! Mais à part celui porté par une mère et un père à son enfant, lequel n'est-il pas intéressé? En fait il y a comme une symbiose entre la plante et le vigneron qui la cultive. Et si cette symbiose est réellement ressentie, la vigne en est gratifiée et elle le rend bien a son ami le vigneron. C'est ça que je crois... plus je m'occupe de ma vigne, plus elle me remercie avec des raisins magnifiques. Il doit bien avoir une morale entre l'homme et la nature!!!
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