Eric Jung le magicien
Par marc Dalbavie, dimanche 1 mars 2009 à 23:31 :: cuisine et vins :: #87 :: rss
Je profite de ce magnifique tableau de Franceschini (XVII°s), Trait d'humour sur le vin, pour vous parler d'un dîner exceptionnel auquel, Nathalie et moi avons assisté hier soir... après avoir fini de tailler Petit Manoir
En effet, notre ami Eric Jung, talentueux cuisinier, avait décidé de nous préparer un repas entièrement tourné autour de la truffe et de nos trois cuvées, Deux Collines 2007, Barbeyrolles 2006, Alba 2007. L'alliance entre le vin et les plaisirs de bouche. Tout ceci, en privé chez lui! avec notre ami Edouard Aynaud, trufficulteur de son état
Premier geste on a carafé les deux vins rouges pour éviter toute réduction et ouvrir leur parfum au maximum.
Eric était déjà au travail avec comme premier mariage: Deux Collines 2007 et velouté de pomme de terre et poireaux sous un nuage de crème fouettée à la truffe. Alliance du chaud et du froid qui permet aux arômes de truffe d'exploser littéralement
Jamais je n'ai senti une telle complémentarité. Je pensais que le vin allait tuer la délicatesse de la truffe, mais tout au contraire, l'un et l'autre jouaient de concert. Les Deux Collines devenait du velours en contact avec la texture soyeuse du velouté, et la truffe associée aux poireaux faisait ressortir des arômes de cuir et de mûr que je n'avais jamais décelés au paravent dans notre vin. Nathalie comparait en permanence les deux vins en fonction de chaque "petit verre" d'entremet!
Puis éric, s'est mis à préparer un plateau avec plein de petites dégustations toutes aussi savoureuses les unes que les autres
j'adore voir un grand cuisinier travailler... on est en face d'un virtuose, tout parait si facile pour lui... le résultat:
quatre series de dégustations, chacune associée à l'une des trois cuvées, au premier plan: Brouillade d'oeufs aux truffes et Barbeyrolles 2006, Risotto aux truffes noirs du Périgord et Deux Collines 2007, Saint-Jacques à la truffe sur une polenta blanche sur Deux Collines et pour finir risotto à la truffe blanche Alba sur l'Alba, bien sûr. Le résultat était stupéfiant, jamais je n'aurais cru qu'une brouillade d'oeufs sublimerait un vin rouge, bien au contraire: on dit que l'oeuf tue le vin. Et bien cette brouillade parfumée aux truffes et relevée de quelques épices... j'était tout ému de gouter mon Barbeyrolles chéri! Impressionnant d'équilibre. Puis, la viande est arrivée: filet de porc avec des beignets de pomme de terre truffés... Barbeyrolles bien entendu:
le geste du cuisinier, c'est comme le geste du peintre: un jet de couleurs pour finir par un tableau de lignes et de parfums
pour finir, le dessert sur l'Alba: un gâteau au chocolat avec une glace aux truffes... le sommet de la soirée.
alliage du chaud et du froid, de l'intense (le chocolat) et de l'impalpable évanescence de la truffe, du solide et du liquide, du mouelleux et du crémeux... impressionnant! La finesse de l'Alba et son fruité ont ajouté comme une touche d'exotisme dans cette harmonie des contraires. Merci éric... tu es génial. La symbiose du vin et des plats... c'est pour moi le but ultime du travail de vigneron. Car de cette symbiose nait le plaisir d'être ensemble et de partager un moment de bonheur. Que demander de plus? Si tout ce travail aboutit au plaisir d'être et non d'avoir!
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