Et oui, aujourd'hui je viens d'apprendre que notre vin de pays (car nous n'avons aucune appellation sauf Vin de Pays du Périgord) vient d'être sélectionné par un restaurant étoilé: Le Gindreau à St Médard dans le Lot. C'est le troisième de cette catégorie qui ajoute notre tout nouveau petit vin de pays à son prestigieux menu. Chaque mois un nouveau restaurant sélectionne notre vin. C'est pour moi une grande récompense d'avoir un vin choisi par un cuisinier. Le fait qu'un homme dont l'activité est d'offrir au palais des mets succulents, décide d'y associer un vin du Domaine de la Voie Blanche, me confirme que ce que nous cherchons, Nathalie et moi - c'est-à-dire de faire un vin naturel, fait pour être associé aux plaisirs de table et à la convivialité... non, un vin de dégustation et de concours... mais un vin plaisir - ce que nous cherchons... n'est peut-être pas loin de la voie que nous avons prise. La compétition, la concurrence provoquée par toute ces notes (Parker, Wine Spectator...) associée à un plaisir aussi futile et aussi essentiel que celui de se nourrir, de manger, de déguster, de se régaler, de se délecter, de humer... cette idée n'est pas celle qui nous guide! Nous ne cherchons pas à être les meilleurs, nous cherchons le meilleur de nous-même. Finalement, il ya une sorte de "don" dans le fait de faire du vin. Travailler dans le froid, sous la canicule, sous la pluie, sous la neige, sur un sol difficile, au sein d'une nature qui nous prend, qui nous donne et qui nous dépasse... impossible de considérer cet acte de vie comme un job! un revenu! un gagne-pain! Certes, il y a de çà, (il faut bien vivre, fort modestement d'ailleurs) mais tout cet acharnement à chercher une sorte d'authenticité, de naturel... presque de vérité... (et oui, il y a des grands mots qu'il m'est difficile d'éviter!) constitue pour moi une forme de "don". Je suis comme un "passeur" qui écoute la divine Nature pour transmettre à mes contemporains la douce musique dont elle m'a enveloppé. Alors pourquoi faire la course? Quel orgueil vais-je satisfaire à faire un vin de dégustation, de compétition , de palabres, de notes, de chiffres... alors que de toute façon, il finira par être tout simplement... bu! Merci à la toque qui a choisi notre vin, non pour sa notoriété... mais pour sa possible complicité avec une poularde farcie aux truffes ou un jarret de cochon laqué au miel. Quel bonheur d'être, non pas seul au milieu de dizaine de semblables dégustés à l'aveugle, mais au sein d'un tourbillon de saveurs comme un musicien d'orchestre qui s'enivre d'ajouter sa partition au mouvement irresistible d'une symphonie. Alors une fois n'est pas coutume: nous sommes un peu fier de cet honneur que l'on nous fait.