Domaine de la Voie Blanche

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lundi 28 juillet 2008

travail en vert

Après un printemps et un début d'été difficile dû à l'humidité importante entrainant les risques de maladies, de blocage potassique et autres plaisirs... on commence à souffler! La bataille a été rude, mais finalement, grâce à des soins constants, nous arrivons au stade de fermeture de la grappe, sans pratiquement aucun dégat. Contrairement à une idée répendue par des mauvaises langues, la conduite en bio s'est révélée non seulement efficace, peu onéreuse, mais en plus respectant parfaitement l'environnement. Nous ne serons tranquilles, bien sûr, qu'une fois le raisin dans la cuve, mais déjà à la veille de la véraison, les angoisses... et oui... commencent à s'estomper. En effet, le moment le plus critique est la floraison. La perte de la vendange, comme celle qu'est en train de subir mon voisin au Fleix qui pourtant emploie des produits chimiques "pur et dur", est souvent provoquée par une contamination durant cette période. C'est un moment de crainte chez tout viticulteur.

Ainsi, nous avons pu commencer le travail en vert... c'est à dire, un travail minutieux, uniquement orienté vers la qualité, et qui consiste à enlever les gourmants sur chaque pampre de chaque pied!! à aérer les grappes en évitant les entassements, à surveiller la "charge" de chaque pied, et réduire le nombre de grappes afin de ne pas fatiguer la plante et de concentrer aux maximum les parfums dans les raisins qui restent. Nous sommes parties donc à "six vignerons" hier matin, jeunes et anciens pour se lancer à l'assaut des "entrecoeurs".

c'est un moment de convivialité comme tous les travaux agricoles lorsqu'ils sont fait à la main et non avec des machines.

Jean-guy Goulard, comme à l'habitude, forme les jeunes pour un travail de qualité

l'expérience ne se transmet pas par les livres ni à l'école... il faut un travail sur le terrain, regarder chaque cep de vigne, et s'adapter à chacun. Les feuilles sont nombreuses en cette saison et il faut se débrouiller dans une "jungle" touffue et proliférante

Après deux jours de travail non stop, les deux hectares des "deux collines" sont près à capter les nectares que nous offrent la nature.

avant

après

le pied est débarrassé de tous ce qui l'encombre. Les grappes respirent et profitent du soleil. les gourmants enlevés, la plante peut se consacrer uniquement à ses fruits, et ne pert plus d'énergie à fabriquer des bois et des feuilles. Si les mois d'Aout et de Septembre sont beaux... le millésime risque d'être très grand! Je vous tiendrais au courant... d'ici là... il faut étiquetter plusieurs bouteilles... le repos c'est pour...?!

mercredi 9 juillet 2008

nouaison

Je profite du beau temps pour vous montrer l'étape de la nouaison.

La grappe vient de finir sa fleur et maintenant les capules brunes sont parties et on découvre le petit grain vert qui plus tard deviendra la baie de raisin, c'est se qu'on appelle la nouaison. Ici, la grappe est parfaitement saine. Il n'y a pas de maladie et la prochaine étape est la fermeture de la grappe. En effet, les grains sont espacés, ils vont grandir et commencer à se toucher. Il faut bien surveiller ces étapes car on n'est pas à l'abris d'un évènement. Pour le moment, tout va bien! la nouaison est terminé le 7 juillet.

samedi 5 juillet 2008

pluie, chaleur et foins

Encore un long silence... bien entendu, beaucoup de travail dû au relevage de la vigne et aux traitements incessants par une météo humide et chaude. Malgré ce dur labeur, quelques satisfactions, car qui dit humidité et chaleur, dit mildiou... mais aussi cèpes et girolles

et après une lutte acharnée pour éviter la détèrioration de l'état sanitaire de la vigne, une consolation le soir au dîner avec des poêlées de champignons... hummmm!

Bon! après... il faut dire que le temps est resté beau pendant une quinzaine de jours et les foins ont pu être faits

comme la viticulture, les contraintes de l'agriculture d'élevage supposent d'être prêt au moment précis où le temps le permet. On n'est pas dans une position de 'libre-arbitre" mais de modestie par rapport à la nature. Il faut "l'écouter" et lorsqu'elle nous le permet, faire le travail... trop tôt on récolte sans maturité, trop tard, c'est pourri...! Pour le foin c'est la même chose. Comme on le voit sur cette photo, l'importance donnée à la biodiversité est primordiale au domaine. Au lieu d'une mer de vigne, l'alternance avec une pièce de blé, des arbres fruitiers, du foin... permet à la vigne de "respirer" et d'échanger toutes sortes de substances actives avec son environnement. Le meilleur exemple est l'éthylène que produit les fruits qui murissent sur les arbres (particulièrement les pommiers) et qui libéré, augmentent la maturité des raisins, d'où ce principe d'alternance avec la vigne et les autres cultures que l'on appelle chez nous l'apallu et que les bordelais appelle la jouaille.

Au domaine on veut privilégier cette harmonie entre plusieurs cultures pour éviter la concentration d'une seule variété de plante avec tous les problèmes phytosanitaires que cela induit. Certes, on perd de la place pour des vignes et donc on produit moins de vin, mais enfin, on permet un meilleur équilibre autour du raisin et donc une poussée de maladie moins forte et une maitrise des insectes. Nous n'utilisons aucun insecticide à Saint-Cyprien! Nous n'en n'avons pas besoin. On produit moins de vin, mais cela nous coûte moins cher en produits phyto... finalement on s'y retrouve avec en plus la satisfaction de protéger la nature.