Domaine de la Voie Blanche

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 31 mars 2008

Attachage des lattes

Un peu de nouvelles du travail de la vigne en ce mois de Mars. Après la taille de la vieille vigne, il faut enlever les bois qui sont accrochés aux fils. La patronne s'en charge avec brio... ici sur des jeunes cabernets sauvignons que nous vendons en raisin à la cave de Port-ste-Foy

"lever" les bois n'est pas une mince affaire. La vigne, qui est une liane, je le rappelle, à tendance à s'agripper à tous supports grâce à de multiples vrilles. Il faut couper toutes ces vrilles pour dégager les bois. Une fois ce travail fait, les sarments sont déposés sur le sol et seront broyés pour former de l'humus. En effet, il faut réalimenter la vigne en matière organique ligneuse... nous sommes en viticulture biologique, nous n'ajoutons pas d'engrais, il nous faut donc en trouver naturellement. Dans la bourgogne, on brûle les sarments pour éviter les maladies... peut-être y viendrons nous un jour!

Ensuite on attache la latte qui reste de la taille. Cette latte est donc pliée sur le fils du bas. Les bourgeons vont éclore et créer les nouveaux sarments sur lesquels les grappes de raisin vont se former. En effet c'est sur le bois de l'année précédente que le fruit se produit. La pliure va, en plus, contrarier la circulation de la sève et donc favoriser la production fructifère. C'est ce qu'on appelle la taille en Guyot. Ici Jean-Guy Goulard, vigneron depuis plusieurs générations, plie délicatement une latte de nos vieux sémillons de 70 ans...

une fois ce travail fait, on peut apprécier les lignes de la taille en guyot sur nos vieux merlots

... et un petit plaisir de satisfaction met à mal notre modestie légendaire. Maintenant il faut attendre la poussée des bourgeons et travailler le sol pour puiser l'énergie et la mettre à la disposition des ceps.

Quant à la nouvelle plantation de Saint-Cyprien, l'attachage est différent, car il faut former le pied et pour cela on doit attacher le cep au "marquant" souvent sur trois endroits afin qu'il prenne la forme droite

cette forme permet une bonne aération du pied et la conduite de la vigne en taille Guyot... je vous expliquerai. C'est un travail long et pénible, mais il ne se pratique qu'une fois. Tenez! à côté du pied de vigne... un poireau sauvage... il paraît que c'est signe d'un grand terroir!

samedi 22 mars 2008

la nature

Aujourd'hui, en allant lever les bois dans notre vigne du Fleix, au niveau des sauvignons blancs nous avons découvert un fan adolescent (sans doute un daguet) couché à côté de nos vieux ceps... nous ne l'avons pas dérangé... j'avais mon appareil sur moi, par chance.

Il garde notre vigne car il sait que nous la considérons comme une part de la Nature et non comme "un outil de production". C'est en tout cas une belle récompense que cette image

jeudi 20 mars 2008

Les Deux Collines 2007

Comme je vous l'avais promis, voici les chiffres du 2007 provenant du rapport d'agrément des Vins de Pays du Périgord:

Alcool: 12,5° (pas mal pour 2007!), Glucose fructose enzymati: 0,2g/l, acidité total: 2,77 g/l d'H2S04, AT en acide tartrique: 4,24 G/l At, Acidité volatile: 0,30 g/l (on est loin du vinaigre), AV en Acide Acétique 0,37 g/l (quelle maîtrise!), Ac malique: nul

Autant dire que techniquement... on est pas peu fier. Et le goût et les parfums... hum! l'année a été réussi au Domaine... vous pourrez le gouter bientôt. Quelques chanceux ont déjà eu ce privilège! La mise en bouteilles se fera fin Avril. 6500 btes seront produites... pas beaucoup! Alors n'attendez pas trop longtemps pour le réserver et venir nous voir, bien sûr.

Une photo quand même... à Saint-Cyprien, les piquets sont enfin plantés

Un boulot pharaonique

maintenant les amarres (pour fixer les fils de relevage), puis les fils eux-mêmes

à bientôt

mardi 18 mars 2008

le cheval

Et oui! encore la Bourgogne... non pas pour parler de son architecture étonnante à l'image du Château Corton André

Mais pour découvrir à Morey-St-Denis, non loin des Bonnes Mares, de l'autre côté de la route, une jeune femme et un cheval en train de passer "les griffes" ou le cultivateur.

image tout droit sortie d'un livre d'Histoire ou d'un film! Et bien, non. Cette jeune femme est de la famille du Domaine d'Arlaud et cultive avec son canasson ses 5 hectares de vignes dans un des endroits les plus prestigieux de la planète (j'entends pour les amateurs de vin)...

Je dois dire que c'est exactement mon rêve. Car le cheval, contrairement au tracteur, ne tasse pas le sol. Il le caresse tout en produisant une force motrice capable de tirer un labour. Passer les griffes maintenant, c'est l'idéal, car les petites pousses d'herbes commencent à apparaître, et il est grand temps de les éliminer tout en aérant la terre. Cela permet de maintenir le sol propre et sans concurrence pour la vigne, au moment où elle commence à pousser et où elle à besoin d'eau et de nourriture. Mais le faire en plus avec un cheval... avec cette relation homme-animal-terre... aller! encore une photo

c'est dur, il faut du courage. Cette jeune femme nous a expliqué qu'elle avait mis 2 ans à s'exercer pour maitriser le cheval et la technique des outils. Car, en effet, lorsque le cheval avance, son allure n'est pas régulière comme un tracteur... il faut lui parler. En bout de rang, il faut tourner avec un outils que l'on traine... le cheval ne possède pas de bras élevateurs! Les bras... c'est les vôtres. Je dois dire qu'elle m'a fortement impressionné... ne vous posez pas de questions si un jour vous voyez un cheval au Domaine de la Voie Blanche... cela fait longtemps qu'on y pense. Il ne manque plus que le déclic... il est presque là... mais je crois que le travail est encore trops chargé avec les plantations et autres plaisirs. Alors, dans quelques années certainement! Et bravo à cette "avant-gardiste"!!

samedi 15 mars 2008

la Bourgogne

Nous avons profité d'un voyage à Lyon pour aller faire un pèlerinage dans l'une des régions les plus mythiques du vin: la Bourgogne. Et oui... venant du Sud-Ouest, nous sommes peu nombreux à nous prosterner devant le Chambertin ou le Musigny... Margaux et Cheval Blanc devraient nous contenter? Et bien non! rien ne remplace un Pommard ou un Meursault. Chaque région a sa personnalité, et la Bourgogne a un fichu caractère. Donc on est parti de Dijon pour descendre vers le village de Gevrey-Chambertin. La première parcelle que nous avons visiter... c'est le Chambertin clos de Bèze

grandissime vin, sorti de la nuit des temps. Légué par le roi Dagobert, qui aurait mieux fait de le garder (il fait tout à l'envers!), en l'an de grâce 628 au duc Amalgaire, il s'appelle alors le Fons Besua. Amalgaire construit l'Abbaye de Bèze qui se dote d'un vignoble toujours à la même place, c'est à dire d'orientation Sud-Est sur sol calcaire. 15 hectare de saveurs de cerise, de cassis, de musc et de réglisse... hum! Puis... le Chambertin lui-même, avec ses parfums exceptionnels

et que dire de la Romanée Conti

1hectare 80, planté de pinot noir depuis le XV°siècle. On peut remarquer qu'une partie est en plantation... Il y en aura donc moins à se partager! Et quand on pense qu'un seul petit chemin sépare la Romanée Conti à gauche et le Richebourg à droite.

Non seulement le vin est immense et rare mais en plus il est à proximité de petites parcelles exceptionnelles comme le Musigny avec ses 10 hectares

ou les Bonnes Mares avec 13 hectares... merveilleux nom!

puis le sublime Corton Charlemagne... première avant-garde des grands chardonnays en descendant vers Beaune

pour arriver vers le Montrachet... devant lequel les armées de Napoléon présentaient le drapeau!

sublimissime et inégalé chardonnay... je n'ai jamais bu de blanc aussi exceptionnel avec ce paradoxe de richesse et de profondeur, une nervosité et une précision qui le rend élégant et puissant. Cela a été dure de quitter cette région où le vin existe depuis le début de notre histoire.Il est devenu si grand que les puissants se battaient pour en posséder une parcelle. Le vin et le pouvoir... vaste débat!